F.C. Bruges Michel Preud’homme va quitter la Venise du Nord avec une mention très bien.

Au coup de sifflet libérateur, Michel Preud’homme n’a pas exulté. Il s’est simplement retourné vers son staff pour expulser les derniers zestes d’une tension qui l’avait habité dès avant le coup d’envoi.

Fait exceptionnel, pendant l’échauffement, l’entraîneur du Club s’était levé de son banc pour aller houspiller ses titulaires qui, selon lui, ne s’appliquaient pas assez dans le toro traditionnel.

Il a vécu la rencontre avec la même intensité que de coutume. Il a entonné, comme toujours, une vibrante chanson de gestes.

La deuxième place acquise, Timmy Simons, le premier, est venu étreindre son coach perdu, les yeux dans le vague. Emmenant son staff, l’entraîneur du Club a alors rejoint ses joueurs pour les escorter dans l’habituel tour d’honneur, un peu plus solennel, qui clôt une saison à domicile. Il a applaudi les supporters qui l’ovationnaient, il leur a montré, en frappant son cœur, qu’il faisait toujours corps avec eux. Était-il ému, Michel ?

Oui. Quand il a, enfin, regagné le vestiaire, il est tombé dans les bras de Bart Verhaeghe, son président hilare.

Allait-il annoncer son départ ? Non ! "Je n’ai pas dérogé à mon habitude. Je suis à Bruges depuis près de quatre saisons. Quatre fois, j’ai effectué le même tour d’honneur au terme de la saison. Je n’ai donc pas pris congé de ce public formidable."

Michel Preud’homme est fier du travail accompli depuis septembre 2013 : "Si je retiens mes trois saisons complètes, nous avons terminé deuxièmes, premiers et deuxièmes. C’est la meilleure performance globale des trois grands que sont Anderlecht, La Gantoise et nous. Si on ajoute une victoire en coupe, une supercoupe et une performance en Europa League, nous avons l’objectif qu’on nous avait assigné : le Club Bruges est redevenu un top club. Ceci n’est pas un message d’adieu mais une évaluation, encore sommaire, de ces trois saisons."

Officiellement, Michel Preud’homme n’a pas encore quitté Bruges : "Ce lundi, je retrouverai Vincent Mannaert. Le club publiera ensuite un communiqué. Après l’expérience de la saison dernière, j’avais décidé que je ne me prononcerai qu’au terme de la campagne. Je tiens parole."

A-t-il pris sa décision ? "Oui".

"Michel va manquer au football belge. Il me manquera à moi aussi, a souri Hein Vanhaezebrouck. Une grande rivalité nous oppose mais elle ne génère pas de problèmes entre nous."