Amoureux véritable du Club, l’ex-gardien brugeois s’est perdu

BRUGES Stijn Stijnen va bénéficier d'une indemnisation après son renvoi du Club Bruges. L'ex international va toucher deux des cinq années de contrat qu'il lui restait avec les Blauw en Zwart, selon nos confrères de 7 sur 7. Cela correspondrait à près d'un million d'euros brut.

C'est l'avocat du gardien, Johny Maeschalck, qui a négocié avec le club, en compagnie de l'agent de Stijnen (Renée Goyvaerts).


Stijnen, ni ange ni démon…

Réfugié, en état de choc, dans le cocon protecteur de son cercle familial restreint, Stijn Stijnen prend douloureusement conscience qu’en commettant, avalisant ou ne brisant pas net l’irréparable, il s’est arraché le cœur.

Pendant près de onze ans, depuis l’année 2000, l’ex-gardien du Club s’est immergé dans la famille blauw en zwart . “Je suis heureux que mon fils soit né à Bruges” , affirmait-il encore, il y a peu.

Stijn Stijnen émargeait à la race des vrais clubmen. Jamais, on n’a suspecté que son attachement au Club Bruges ne fût pas profond et sincère.

Jamais, jusqu’à ces dernières semaines où, psychologiquement mal à l’aise, il a éclaboussé son entourage professionnel de critiques parfois cinglantes au point de perdre tout sens commun, il n’a hésité à monter au créneau pour défendre son Club Bruges dans toutes ses composantes. Il était conséquent dans ses propos. Il a toujours soutenu publiquement ses entraîneurs plaidant, par exemple, pour une prolongation du contrat d’Emilio Ferrera. Il n’a jamais critiqué un coach après que ce dernier avait quitté le Club. Ami de Luc Devroe, apprécié par Pol Jonckheere, il s’est plu, après leur éviction, à célébrer leurs mérites.

Ni ange, ni démon, Stijn Stijnen s’est façonné sans concession. Fidèle en amitié – il se jetait au feu pour ceux qu’il appréciait –, il n’affichait aucune compassion pour ceux qui n’avaient pas trouvé grâce à ses yeux. Il a toujours cultivé ses rancunes.

Dans le vestiaire, après son superbe premier match européen contre la Juventus, le 14 septembre 2005 en Ligue des Champions confirmé par ses prouesses en championnat, il a vite fait autorité. Porte-parole d’un groupe dont il était le capitaine, il pouvait s’exprimer sans langue de bois.

Il a, longtemps, brillé dans les buts. Sans doute parce que, jamais, il n’a été confronté à une vraie concurrence. Le tout jeune Verbauwhede ne se posait pas en rival. De Vlieger n’en est pas devenu un.

Tant que, sur la pelouse, Stijnen ne s’attirait que des éloges, il se comportait bien parce qu’il se sentait intouchable. Le Club s’accommodait des privilèges que son gardien s’octroyait. “Stijnen est un forçat des matches, pas des entraînements” , reconnaît Dany Verlinden, qui ne l’a jamais incité à se faire violence.

Quand, sportivement, il a commencé à flancher, que les pépins physiques l’ont accablé, que Coosemans s’est affirmé, son petit monde s’est disloqué.

Amer, Stijnen n’a pas supporté de vaciller. Peut-être parce que, à son insu, sa crâne fierté s’était muée en un triste et désolant narcissisme...



© La Dernière Heure 2011