Division 1A

Le Kavé Malines et quatre de ses administrateurs seront sur le gril lundi lors de la deuxième des six séances (entre le 18 et le 28 mai) de la chambre d'appel de la Commission des litiges de l'Union Royale de football (URBSFA) qui traite le dossier des matches du bas de tableau présumés truqués, lors de la saison régulière 2017-2018. On s'attend à entendre une batterie d'avocats tirer à boulets rouges sur la procédure et les carences du dossier.

Selon le procureur fédéral, Malines n'a pas pris moins de sept initiatives interdites par le règlement, dans le cadre d'une opération frauduleuse menée pour sauver sa tête en première division (D1A).

Le rapport final du coordinateur de l'enquête qui comprend 158 pages, établit que quatre administrateurs y ont participé sous la conduite d'un chef d'orchestre, en l'occurrence le directeur financier du KV Mechelen Thierry Steemans.

Celui-ci aurait fait appel à l'agent de joueurs Dejan Veljkovic pour contacter non seulement Waasland-Beveren, mais également des arbitres, des journalistes et même des joueurs d'Eupen.

Outre Steemans, l'ancien président Johan Timmermans, le co-actionnaire Olivier Somers et le directeur sportif Stefaan Vanroy ont également pris part au complot.

Ces faits qu'il ne sera pas facile de nier ont pu être assemblés grâce aux contenus de conversations téléphoniques remises au coordinateur de l'enquête Ebe Verhaegen, par le procureur fédéral.

Tout se passe au cours des deux semaines précédant le fameux match Malines - Waasland-Beveren (2-0) du 12 mars 2018.

Les écoutes téléphoniques indiquent que le président Dirk Huyck, le CEO Olivier Swolfs, le gardien Davy Roef et le milieu de terrain Olivier Myny, ont tous été approchés en vue d'une falsification de la rencontre moyennant 100 à 200.000 euros.

Bien qu'ils aient refusé cet argent, les administrateurs waeslandiens ont promis d'aider Malines.

Et ils ont effectivement oeuvré afin d'affaiblir au maximum l'équipe, une opération où le coach Sven Vermant n'est pas impliqué.

Malines a dans le même temps aussi tenté de fausser le match Eupen - Mouscron (4-0) en contactant le gardien eupenois Hendrik Van Crombrugge, ainsi que ses équipiers Siebe Blondelle, Nils Schouterden et Mickael Tirpan, via leurs agents. Il a été demandé au CEO de Mouscron Paul Allaerts si l'Excel allait "correctement jouer le jeu".

Somers a de son côté appelé Vincent Mannaert, patron sportif de Bruges dont un des joueurs, Dorin Rotariu, évoluait à l'époque en prêt à Mouscron.

Les sanctions requises contre le Kavé sont la relégation en D1B qu'il vient de sportivement quitter par le haut, avec un retrait de 12 points (6 par période). Il pourrait aussi être exclu de la Coupe dont il est le tenant de l'édition 2018-2019, et se voir interdire la phase de poules de l'Europa League.

Somers, Timmermans et Steemans risquent dix ans de suspension et une amende. Vanroy risque lui sept ans de suspension et une amende.

Maître Joost Everaert, l'avocat de Malines, et son équipe, vont clamer que les droits de la défense sont bafoués, et que l'enquête partiale de Verhaegen est incomplète.

Malines a par ailleurs déjà saisi un tribunal civil en référé, pour faire suspendre les procédures disciplinaires en cours. Le verdict devrait être connu au plus tard jeudi.

La décision définitive dans cettte affaire doit être prise avant le 30 juin, y compris la procédure de recours devant la Cour d'Arbitrage Belge pour le Sport (CBAS).