Ce mercredi soir, certains acteurs du football belge vont trembler. En cause? La diffusion du documentaire "Le milieu du terrain" de Thierry Luthers et Patrick Remacle. Sur son site internet, la RTBF a déjà sorti quelques révélations à propos du contenu de ce documentaire. Ce mercredi matin, le service public attaque les play-off 2014. Avec une question centrale: ont-ils été truqués?

En 2013-2014, le Standard de Guy Luzon est premier de la phase classique. Emmené par un duo explosif composé de Batshuayi et Ezekiel, les Rouches disposent d'un sacré matelas de 10 points sur le RSCA et 4 unités sur le Club de Bruges. Roland Dachâtelet se souvient: "Personne ne doutait qu’on allait être champion en juin 2014. Mais soudainement, on a eu beaucoup de problèmes dans nos rencontres, notamment quelques problèmes d’arbitrage" explique-t-il.

Comment expliquer la chute des Liégeois?

Tout d'abord, la division des points ramène les Mauves à cinq unités de leur ennemi juré. La pression n'aidant pas, le Standard se perd en route tandis que la dynamique est inverse du côté des Bruxellois. L'un des tournants sera la rencontre entre le RSCA et Genk. En cas de victoire, les Mauves auraient fait un grand pas vers le titre. Les Mauves laminent ce jour-là des Limbourgeois totalement absents des débats (4-0). Pour Duchâtelet, pas de doute: il s'est passé quelque chose lors de cette rencontre. "L’alignement des joueurs de Genk était complètement anormal. Leur façon de jouer aussi. L’entraîneur de Genk à l’époque était fortement lié à Mogi Bayat…" assure l'ancien président du Standard.

A l'époque, l'entraîneur de Genk est Emilio Ferrera, qui travaillera trois ans après cet incident dans les rangs du RSCA comme coach chez les jeunes. Dans le milieu, on le dit très proche de Mogi Bayat. L'agent a ses entrées à Bruxelles comme dans le Limbourg. Pourrait-on imaginer que l'Iranien ait tenté d'influencer les acteurs pour truquer la rencontre? "Lorsque le rôle d’un agent s’arrête à la porte du stade, ça peut aller. Lorsque son rôle est de négocier le placement de son client, c’est son boulot, pas de soucis. Mais quand il passe les portes du stade, quand un agent a des bureaux dans certains clubs… lesquels ? Sauf erreur à Genk. Je sais qu’à Anderlecht, il avait aussi de véritables entrées. Lorsque cet agent est à nouveau omniprésent, peut-on éviter la question qui fâche qui est de savoir si cet agent n’a pas une influence notable sur ce club ?", se questionne Martin Hissels, avocat du sport.

Bruges - Genk l'autre match de la discorde

Cette rencontre n'est pas la seule qui reste en travers de la gorge des Liégeois. Humilié par le RSCA, Genk se remet subitement de cette claque pour battre quelques jours plus tard... le Club de Bruges (3-2). Alors seul concurrent du RSCA dans la course au titre.

Un ancien joueur, de façon anonyme, explique que Mogi Bayat avait une technique bien huilée pour parvenir à ses fins. "Il y a plusieurs joueurs qui disent que Mogi Bayat offrait des montres. Après, je ne sais pas si c’était pour gagner ou perdre mais en tout cas c’était pour influencer des matches. C’est certain. Je ne sais pas si c’était spécialement Genk-Bruges, mais je sais qu’en 2014, Bayat proposait des montres. Si l’équipe faisait le résultat qu’il voulait, elle était récompensée", explique-t-il. Dans le documentaire, d'autres joueurs confirment ces propos qui jettent un trouble considérable sur le football belge.