José Izquierdo était euphorique :  “J’ai rêvé de cela et je fais rêver les gens”

“Very happy !”

Tels furent les premiers mots, prononcés dans un anglais hésitant, du 63e Soulier d’Or. Son euphorie tranchait avec le stress extrême qu’il avait laissé voir durant la cérémonie, lors de sa première prise de parole. Après son sacre, Izquierdo était redevenu léger.

“Je remercie tout le monde, vraiment. Merci à Rafa (Refaelov), Ruud (Vormer), Timmy (Simons), le coach, le staff, Vincent (Mannaert), Bart (Verhaeghe) et j’en passe. Vraiment, merci ! Pour moi, c’est difficile d’être seul en Belgique. Voilà pourquoi je tenais à remercier tous ces gens. Ils m’ont fait confiance. En échange, j’ai voulu leur montrer mes capacités de footballeur…”

Une bonne heure plus tard, après un bon bain de foule et une multitude de tapes sur l’épaule, le souriant Colombien débarquait pour sa première conférence de presse avec son nouveau statut de Soulier d’Or.

“Vous savez, ce prix, c’est une superbe récompense. Parce que j’ai aussi beaucoup travaillé pour cela. Chaque jour, j’ai bossé à l’entraînement. Et pas pour rien : ce trophée montre que les gens m’apprécient, qu’ils sont touchés par ce que je peux faire sur un terrain. J’ai rêvé de cette carrière et je les fais aussi rêver.”

Êtes-vous le footballeur le plus heureux de la planète en ce moment ? 

“Oui, mais je l’étais déjà avant ! Je me rends bien compte de la chance que j’ai. Ma vie, c’est d’écouter de la musique et de jouer au football. Je suis un privilégié. Comme quoi, il suffit d’un ballon pour atteindre ses rêves… Je suis en train de vivre la meilleure période de ma carrière, avec tous ces titres et maintenant ce Soulier d’Or .” 

Vous aviez dit que vous alliez dédier ce trophée à votre… chien, Lucho. 

“C’est vrai : ce Soulier d’Or, c’est un peu celui de mon chien. Ce n’était pas simple pour moi de débarquer ici sans famille. Avoir un chien comme Lucho, ça m’a aidé à me sentir moins seul et à m’adapter à ma vie en Belgique.” 

C’était parfois difficile ?

“Oui. Je me souviens d’un match en Europa League à Copenhague où j’étais sur le banc. J’étais déçu. Mais Lior Refaelov, qui a planté un triplé, est venu me voir après le match pour me dire : un jour, José, tu seras le meilleur joueur en Belgique. Sa prédiction s’est réalisée. Le jour où j’ai quitté la Colombie, je n’aurais jamais pensé que je gagnerais tous ces titres…” 

 Allez-vous dormir avec votre trophée ? 

“Bien sûr. Je peux vous dire que je ne vais plus le quitter. Je le prendrai même avec moi dans l’avion. Vous allez voir…” 

Un Soulier d’Or signifie aussi beaucoup plus de pression… 

“Mais la pression, je la ressentais déjà avant. Et c’est dans ce genre de contexte qu’on peut voir le meilleur de ce que les gens ont en eux.” 

Comment ce titre va-t-il être accueilli en Colombie ? 

“Je ne sais pas trop. Ce dont je suis sûr, c’est qu’il signifie énormément de choses pour moi. C’est un énorme honneur, mais je suis incapable de vous dire s’il m’aidera à rejoindre la sélection colombienne.” 

De quoi sera fait votre avenir ? 

Tout le monde s’attend à vous voir quitter Bruges cet été… “Franchement, je n’y pense pas. Allez poser la question à mon agent. Je suis fatigué qu’on me parle tout le temps de ça. Moi, tout ce que je veux désormais, c’est être à nouveau champion de Belgique.”