Ce jeudi, des représentants des clubs du G5 belge (Anderlecht, Club Bruges, Standard, Gand, Genk) et du G6 néerlandais (Ajax, AZ, Feyenoord, PSV, Utrecht, Vitesse) se sont rencontrés à Eindhoven et ont analysé les résultats de l’enquête réalisée par Deloitte sur la faisabilité de la BeNeLeague.

Ces derniers montrent que la création de cette compétition aurait des effets positifs sur les clubs belges et néerlandais, qu’ils participent ou non à la BeNeLeague, mais aussi sur l’attractivité et l’expansion du marché (un élément important alors que les droits TV belges se renégocient ce vendredi). Les 11 clubs ont soutenu qu’une étude financière plus approfondie devait encore être effectuée. Ce sera le cas dans les mois à venir dans le cadre de la troisième phase de l’enquête de Deloitte. Par ailleurs, le format de compétition que devrait prendre la BeNeLeague est en passe d’être déterminé. Il s’agirait d’un championnat régulier avec 18 clubs (dix néerlandais, huit belges) : le G5 belge, le G6 néerlandais et sept autres clubs, sélectionnés en fonction des résultats des cinq dernières saisons.

Les supporters belges et néerlandais contre la BeNeLigue

Les meilleurs clubs de football néerlandais et belges vont élaborer une proposition concrète pour une compétition transfrontalière: la BeNeLigue. Belgian Supporters, l'organisme chapeautant les supporters belges, craint que la création de cette compétition n'ait des répercussions profondes sur le vécu des supporters. Les fans néerlandais ont des objections pratiques telles que les distances plus longues et craignent qu'elle nuise à la culture du football néerlandais.

Belgian Supporters critique en particulier le manque de clarté du dossier, qui est soutenu par le G5 belge (Gand, Club Bruges, Genk, Anderlecht et Standard) et six clubs néerlandais (Ajax, AZ, FC Utrecht, Feyenoord, PSV et Vitesse).

"Ces plans se multiplient et nous ne savons pas exactement ce que contiennent les études de Deloitte. Ont-ils pris en compte les conséquences importantes en termes de sécurité? Qu'en est-il du vécu des fans? Quels critères seront utilisés pour déterminer qui en fera partie? Comment gérer les tickets européens? Beaucoup de questions, peu de réponses", dit le président de Belgian Supporters Eddy Janssis. "Je comprends qu'Anderlecht-Ajax soit une affiche plus intéressante que, disons, Anderlecht-Courtrai, mais cette étude a-t-elle également tenu compte des temps de trajet et des mesures de sécurité élevées aux Pays-Bas? En tout cas, nous sommes en train d'interroger nos membres. Ce point figurera à l'ordre du jour de notre assemblée générale de la semaine prochaine. Nous sommes en contact avec le Collectif des supporters néerlandais et nous unirons nos forces pour peser plus lourd dans le débat".

"Nous ne sommes pas enthousiastes", a déclaré Matthijs Keuning, président du Supporterscollectief Nederland, auquel sont affiliées les associations de supporters de presque tous les clubs professionnels aux Pays-Bas. "Notre culture du football est jetée par-dessus bord dans une telle fusion. L'Eredvisie a l'image d'un championnat avec un football attractif et de bons joueurs. Une ligue dans laquelle le NAC peut gagner contre le PSV et le FC Emmen contre l'Ajax. Nous ne comprenons vraiment pas qu'on puisse jeter cette image par-dessus bord en fusionnant avec la Belgique, où la compétition a une image différente à cause de la corruption et à d'autres choses folles. En outre, dans les sports de moindre importance, une telle fusion a déjà échoué. Aux Pays-Bas, il est déjà très difficile d'obtenir l'accord de tous les clubs et ce le sera encore plus si deux pays doivent s'entendre."

Le Supporterscollectief a indiqué à la fédération néerlandaise qu'il souhaitait en discuter. Les fans de football vont faire des recherches pour évaluer la base de soutien. La BeNeLigue a déjà fait l'objet de discussions au sein de l'organisation des supporters. "La conclusion commune était: nous n'en voulons pas. Si l'objectif est d'améliorer la qualité du football, il existe de nombreux autres moyens. Il faut d'abord s'assurer qu'il existe une pyramide du football ouverte et que les clubs ne peuvent pas se vider mutuellement les centres de formation de jeunes. Nous n'avons vraiment pas besoin de clubs belges pour accroître la résistance. Le football néerlandais en tant que marque est beaucoup plus fort que le belge."