Comme souvent ces derniers temps en Belgique, les Blauw en Zwart ont décidé d'innover. Nos confrères de "l'Echo" annoncent dans leur édition de ce jeudi que les Brugeois préparent leur entrée en Bourse et leur introduction sur Euronext Bruxelles. Elle devrait intervenir avant l'été prochain.

Le champion de Belgique va donc ouvrir son capital qui était réparti actuellement à 85% entre les mains de Bart Verhaeghe (le président), de Vincent Mannaert (le CEO) et de Jan Boone (l'administrateur). Certains entrepreneurs locaux se partageant le reste des actions (15%).

Si c'est inédit qu'un club belge entre en Bourse, ce n'est pas une première dans le football. A l'étranger, de nombreux matricules ont tenté l'aventure boursière avec très peu de réussites pour beaucoup d'échecs.

Collecter des fonds pour un nouveau stade comme intérêt

Quel intérêt pour une formation de se diriger vers les marchés financiers ? L'objectif est de collecter via ce mécanisme des fonds pour un nouveau projet. A l'image de l'Olympique Lyonnais qui avait effectué son entrée en Bourse en 2007 dans le but de financer une partie de son nouveau stade, le club de la Venise du Nord espère récolter des moyens financiers pour sa nouvelle arène de 40.000 personnes prévue sur le site Olympia pour un coût estimé à 100 millions d'euros.

On ne sait pas encore si le matricule 3 mettra en vente des actions existantes ou créera de nouvelles actions. A titre d'exemple, les Lyonnais avaient placé 28% de leur capital en Bourse il y a quatorze ans.

Dans le passé, est-ce que l'entrée en Bourse des clubs de football a été une réussite ? Pas vraiment.

Historiquement, une quarantaine de clubs ont tenté leur chance et se sont introduits en Bourse dans les années 1990 lors d'une période propice à l'investissement mais la majorité d'entre eux se sont retirés depuis. Seul Manchester United était parvenu à dégager des bénéfices et avait pu verser des dividendes à leurs actionnaires au début des années 2000.

Les investisseurs ne sont pas rassurés par l'aléa des actifs immatériels

Très vite, le cours de l'action se divise. L'action de la Lazio de Rome avait été introduite à 18 euros en 1998. Elle est à 1,13 euros actuellement. Celle de l'Olympique Lyonnais a également dégringolé rapidement. Introduite à 24 euros, l'action des Rhodaniens se trouve à 2,16 euros quatorze ans après. Le constat est pratiquement le même pour Manchester United, la Juventus Turin, l'AS Roma, Galatasaray ou le Borussia Dortmund. 

Qu'est ce qui peut expliquer que la Bourse et le football sont incompatibles ? Contrairement aux entreprises d'autres secteurs, la valeur d'un club repose sur des actifs immatériels comme les contrats et la valeur des footballeurs qui composent leur effectif. Des cotes qui peuvent être perturbées par des aléas comme une grave blessure ce qui n'a pas le don de rassurer les investisseurs.

En se lançant dans l'aventure boursière, le Club Bruges démontre qu'en Belgique, il est encore en avance sur son temps sans être sûr que cette fois-ci, cette innovation soit un succès.