Leko: “Jouer sous pression me manque un peu”

Division 1A

Benoît Delhauteur

Publié le - Mis à jour le

Leko: “Jouer sous pression me manque un peu”
© Photonews

Ivan Leko fait la pluie et le beau temps à Lokeren. Le médian de 32 ans se voit bien finir sa carrière au Daknam

LOKEREN “C’est un peu difficile de parler de moi…”

Ivan Leko se la joue modeste. Il est pourtant redevenu l’un des meneurs de jeu les plus efficaces de la Pro League . “Je joue bien, parce qu’on me laisse jouer à ma façon” , nous confie le Croate dans la salle des joueurs du Daknam, qui semble si calme en comparaison avec l’agitation permanente des grands clubs. “J’arrive aussi à mieux faire jouer les autres.”

Les assists, c’est la spécialité du médian : en plus de ses cinq buts, il en a délivré cinq cette saison. “Et j’ai eu un pied dans au moins six autres buts” , s’empresse-t-il de préciser. “Mais ce sera difficile de faire aussi bien qu’à Bruges, où j’ai été meilleur passeur de D1 avec 14 assists. Donner une passe décisive, c’est ce que j’aime. C’est encore meilleur que de marquer…”

Ivan Leko a enfin réussi à relancer sa carrière. L’après-Bruges n’avait pourtant pas été évident, surtout quand il fut mis de côté au Germinal Beerschot. “J’étais titulaire au Kiel, je jouais bien. Puis j’ai raté trois matches sur blessure et Jos Daerden ne m’a plus jamais aligné. Vous trouvez cela normal ? Dans n’importe quelle équipe, un joueur important qui se blesse récupère sa place à son retour. Je n’ai jamais compris cette décision. J’ai fait beaucoup pour le maintien du club en 2009 et voilà ce qu’on m’a donné en retour… Mais je n’ai pas douté de moi. Et j’ai su rebondir à Lokeren.”

Un club qui a le vent en poupe, où Leko fait la pluie et le beau temps. À ce rythme-là, peut-il rêver d’un retour dans un grand club belge ? Il n’y croit pas… et ne semble de toute façon pas preneur. “Bien sûr, jouer avec cette pression et pour des titres, c’est quelque chose qui me manque un peu. Mais j’ai déjà connu tout ça et j’aurai 33 ans cet été. Je compte encore jouer deux ou trois ans ici et après, on verra. Je m’arrêterai le jour où je ne me sentirai plus capable de jouer à un mon vrai niveau. Être 20e homme et disputer trois matches par an, ça ne m’intéresse pas. Car je déteste le banc ! D’ici là, je veux de la stabilité. Avec ma famille, nous sommes bien installés à Anvers. Je ne veux pas déménager. J’ai eu beaucoup de propositions du Qatar et des Émirats Arabes, mais je les ai refusées. Je joue depuis assez longtemps pour ne pas devoir courir après l’argent.”

Le Croate a en effet déjà bien roulé sa bosse : “J’ai participé à la Coupe du Monde 2006. Je suis fier de ce que j’ai fait, car je l’ai construit tout seul. En Liga, j’ai réalisé un rêve de gosse : marquer contre le Barça au Camp Nou. Puis, à Bruges, j’ai disputé 99 matches. J’ai réussi à forger ce parcours parce que j’ai toujours conservé un grain de folie dans un coin de ma tête. Je suis un peu cinglé… Tout en ayant faim. Très faim. Je n’arrive jamais à digérer une défaite. Je vous défie de trouver un moment où je baisse les bras.”



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