Demandez à un supporter ce qu'il pense de l'absence de fans dans les tribunes, il vous répondra que les matches n'ont pas la même saveur car ils génèrent beaucoup moins d'émotions. Posez ensuite la même question aux joueurs et ils vous répondront la même chose. Enfin, interrogez les dirigeants d'un club à cet égard. Même son de cloche. Avec, comme argument supplémentaire, le manque à gagner financier pour les clubs.

La crise liée au coronavirus, qui a eu pour conséquence les rencontres à huis clos, fait mal à tous les clubs. Y compris en Belgique. "La crise du Covid-19, qui sévit dans notre pays depuis le mois de mars, a un impact majeur sur les finances des clubs de la Pro League. Malgré la poursuite des compétitions (à huis clos), le football professionnel, comme d'autres secteurs de notre économie, est considérablement touché par les conséquences de cette crise sanitaire", commente l'Union Belge dans un communiqué, évoquant que les pertes proviennent majoritairement des jours de matches où plus aucun revenu ou presque n'est possible, sans oublier les rentrées d'argent liées aux transferts sortants, bien plus rares lors du défunt mercato.

En effet, en comparant les chiffres des déclarations TVA des clubs entre 2019 et 2020, on se rend compte que les revenus sont en chute de 275 millions, soit 50%. Mais ce n'est pas en évoquant ce chiffre-ci que l'on se rend compte que le bilan sera lourd pour l'exercice 2020-2021. C'est bel et bien de juillet à septembre 2020, que la chute des revenus a été le plus constatée. Lors de cette période, 80% des pertes ont été constatées.

Et pendant que les rentrées financières se font de plus en plus rares dans les caisses des clubs, les dépenses (salaires, coûts des infrastructures, etc.) sont toujours bien présentes. 

"Alors que les chiffres pour la fin de la saison 2019-2020 indiquaient encore une perte de revenus limitée, cette dernière augmente considérablement pour la saison 2020-2021. En effet, 80 % de la baisse des revenus se situe au troisième trimestre. Dans le contexte actuel, avec notamment des revenus liés au match très limités, mais le maintien des coûts fixes (coûts salariaux, infrastructure, le non-recours au chômage technique) pour les clubs professionnels, il semble très probable que ces chiffres continueront à augmenter et auront ensuite un impact sur l'écosystème plus large ; sous-traitants, familles,...", poursuit Peter Croonen, président de la Pro League.

Une tendance qui va se poursuivre...

Pour rappel, les supporters ont pu brièvement faire leur retour dans les stades, en nombre limité, de début septembre à fin octobre. Les clubs ont donc réussi à engranger une petite rentrée financière durant cette période mais les restrictions mises en place pour respecter les mesures sanitaires empêchaient de faire de belles recettes.

Depuis fin octobre, les supporters sont priés de ne plus venir au stade. Et comme les rencontres continuent à se dérouler à huis clos, les clubs vont continuer à connaitre des problèmes de rentrées financières. Qui plus est, le retour des fans dans les stades n'est pas encore à l'ordre du jour. La situation, de plus en plus pesante pour les clubs, pourrait donc bel et bien perdurer. 

A l'heure où l'idée de jouer une rencontre à guichets fermés semble bien lointaine, on peut déjà affirmer que le bilan financier de la saison 2020-2021 sera très lourd...