27 pages. Tel est la taille du document rendu par le tribunal de Dendermonde qui démontre que Waasland-Beveren a sa place en Jupiler Pro League. Une véritable bombe qui a dû faire grincer quelques dents du côté de la Pro League. Hier, après cette décision, l'instance qui gère le football professionnel en Belgique avait réagi laconiquement en expliquant avoir "pris acte de la décision" tout en précisant que "le calendrier 2020/2021 comme présenté le 8 juillet 2020, est dorénavant sans effet".

Et maintenant, on fait quoi? Aujourd'hui, la Pro League doit se réunir pour dessiner les contours de la future saison qui doit, normalement, commencer ce samedi 7 août avec un alléchant Club Bruges - Charleroi. A priori, trois scénarios sont possibles. Explications.

1) Le souhait des dirigeants de la Pro League: une ligue à 16 et Waasland descend en D1B

La Pro League s'enfonce coûte que coûte et reformule ses motivations auprès de la CBAS. Pour cela, elle devra repréciser les raisons qui avaient pour but de siffler la fin du championnat sans jouer cette 30e et dernière journée. Pour rappel, la CBAS avait recalé la Pro League et avait donné raison à Waasland-Beveren au début du mois de juillet. Ce choix aurait des grosses répercussions sur le calendrier. Les clubs seraient dans l'attente de la sentence arbitrale et la première journée, à minima, serait retardée.

2) Un championnat de Belgique à 17

Waasland-Beveren serait alors le seul satisfait de ce nouveau format typiquement belge. Cela impliquerait qu'un club serait bye chaque semaine. Cette formule ressemblerait plus à un calendrier d'ABSSA qu'à celui de notre élite professionnelle. Eleven Sports, le nouveau détenteur des droits, a déjà avoué à la Pro League que ce schéma ne lui plaisait guère.

Ensuite, quel avenir donnerait-on à la D1B? Avec sept clubs au départ, elle perdrait (si c'était encore possible) une nouvelle fois énormément de crédibilité. Cela signifierait qu'un club de division 1 amateur, qui a les reins assez solides financièrement pour répondre aux exigences de la D1B, serait repêché. Cela pourrait être le cas du Lierse qui a obtenu sa licence professionnelle. Si aucune équipe ne se désigne, une équipe espoir d'un club de D1A pourrait éventuellement prendre le relais.

3) Une Pro League old school avec 18 équipes

Il faut remonter à la saison 2008-2009 pour trouver trace d'un championnat à 18 équipes. A l'époque, le Standard de Bölöni avait été champion en dominant le RSCA lors des tests matchs. Dans cette configuration, la Pro League intégrerait Waasland-Beveren, le Beerschot et l'OHL. Cela signifie qu'il y aurait 34 journées de championnats. Que se passerait-il des PO? Disputer quarante matchs par saison, excepté en Championship en Angleterre, serait une exception en Europe. Pour Eleven Sports, cela ne serait pas tenable. Le diffuseur a fourni 105 millions d'euros pour le contenu initial. Il n'acceptera certainement pas de rallonger les billets pour davantage de rencontres.

Une nouvelle fois, quelle place donnerait-on à la D1B? Elle ne se jouerait plus qu'à 6 équipes? Cela parait inconcevable pour un championnat professionnel. Mais on n'est sans doute pas au bout de nos surprises avec la Pro League. Enfin, Westerlo aussi aura son mot à dire dans cette configuration. Les Kempeneers ont terminé la saison régulière avec le plus grand nombre de points. Logiquement, le club du Kuipje pourrait contester la montée des deux finalistes de D1B. Bref, il existe énormément d'inconvénients si la Pro League choisissait cette formule.

La Pro League a du pain sur la planche aujourd'hui. Elle doit mettre fin à un incroyable imbroglio juridique (et sportif) qui a une nouvelle fois écorné son image et sa réputation. Un contentieux typiquement belge qui devrait trouver son dénouement en fin de journée.