Genk - Bruges

Éric Matoukou ne veut pas subir la plus grosse déception de sa carrière

GENK Éric Matoukou incarne l’élément le plus ancien de l’effectif limbourgeois. Le plus expérimenté aussi. Il était déjà là en 2006-2007 quand, après un premier tour probant, Genk avait cédé, à la reprise, devant Anderlecht. Il traîne encore ce regret lancinant.

Le sculptural défenseur camerounais a disputé 181 matches pour le Racing. Il pourrait battre, cette saison encore, le record interne de longévité que détient, avec 187 rencontres, le gardien Jan Moons.

“Vous me l’apprenez”, sourit-il, ravi. “Si je bats ce record, j’aimerais qu’un... titre consacre cette performance.”

Le mot interdit est lâché. Nous le lui avons extirpé au forceps. À Genk, on ne le prononce pas encore, comme pour conjurer le sort. Éric Matoukou devine qu’après une victoire et deux défaites, le Racing oscille sur le fil du rasoir. Qu’il peut basculer d’un côté ou de l’autre. Il ne s’inquiète pas... encore. “Anderlecht était sous pression. On savait qu’une telle équi- pe était capable de se rebeller à tout moment. Au Standard, nous n’avions pas su gérer les dernières minutes. Au Sporting, c’est le collectif qui a failli. Ce mercredi, contre Bruges, nous devons absolument nous récupérer. Gommer le doute que les médias ont commencé à installer en nous de manière insidieuse. Le mental jouera un grand rôle dans l’attribution du titre. Le doute est le pire ennemi du sportif ambitieux. Nous avons étalé nos atouts tout au long de la saison. Ce n’est pas le moment de flancher. Retrouvons notre collectif, redéployons notre système de jeu, exaltons notre engagement habituel tout en retrouvant notre sérénité : je suis sûr qu’alors, nous ne nous trahirons pas.”

Éric Matoukou entend que le Racing honore son statut : “On est deuxième. On doit jouer comme un leader. Soumettre le Club à une pression insoutenable, avec l’appui de notre public, qui doit assumer le rôle de douzième homme.”

Éric Matoukou minimise le départ manqué de son équipe : “Deux faux pas au début d’un tournoi, ce n’est pas encore trop grave, surtout si on enraie vite l’hémorragie . Nous sommes deu-xièmes, c’est une réalité. Ne masquons plus nos ambitions. Le public se satisferait d’une 3e place. Nous, nous visons une des deux premières places. On ne peut plus se cacher sinon à quoi sert-il de jouer encore ? Nous avons été longtemps leaders. Cela signifie quelque chose. Si nous échouons, j’encaisserai la plus grosse déception de ma carrière...”



© La Dernière Heure 2011