Interrogé tout d'abord sur son "cumul de mandats" dans le monde du football, Mehdi Bayat assume le fait que cela peut engendrer un conflit d'intérêts. "Il peut en effet y avoir un conflit d'intérêts lorsque l'on occupe différents mandats. J'essaie toujours de faire en sorte de ne pas me retrouver dans une situation qui pourrait à un moment donné, m'amener dans cette situation. Je pense que la première chose à faire c'est penser avant tout à l'intérêt du foot de manière générale. Non pas seulement penser à l'intérêt du Sporting Charleroi" indique-t-il avant de mettre en avant son expérience acquise au fil des années au sein de plusieurs instances. "Je pense que s'il y avait un problème avec ma manière de fonctionner, on l'aurait déjà bien entendu dans la presse et tout le monde se serait donné un joyeux plaisir à me taper dessus."

Quand on lui parle d'une finale de Ligue des Champions disputée à huis-clos, Mehdi Bayat n'hésite pas à juger cela comme étant une décision "disproportionnée" avant de défendre l'UEFA. "L'organisateur de cette compétition a dû à un moment donné prendre des décisions drastiques pour pouvoir tout simplement la jouer. Pour eux, en termes de droits télé et donc on parle d'argent, il était impératif que la Ligue des Champions et l'Europa League puissent se terminer. Ils ont donc dû inventer un plan de secours et dire qu'avec un protocole extrêmement drastique ils allaient pouvoir aller au bout de ces compétitions."

En ce qui concerne la situation dans les stades en Belgique, il peut y avoir actuellement 400 personnes dans une enceinte lors d'une rencontre. Chez nos voisins français, le chiffre est de 5000 spectateurs autorisés. Bayat l'avoue, il n'y a "aucune" cohérence dans cette restriction. "Ça va être notre part de travail (...) car aujourd'hui notre secteur souffre. Soyons très clairs, on est au bord du gouffre. Charleroi fait partie des clubs sains. Avant la crise, 19 clubs sur 24 étaient endettés. Désormais Charleroi fait toujours partie des bons élèves mais nous avons dû rembourser ces PO1 que nous n'avons pas joués."

"Plus aucune recette dans les clubs"

Pour l'administrateur délégué de Charleroi, la situation est catastrophique. "Soyons conscients : mis à part des recettes en lien avec les droits TV et la publicité visuelle, il n’y a plus aucune recette dans les clubs. Les réserves sont largement entamées."

A la question de savoir si le football belge pourra se relever de cette crise, Mehdi Bayat estime que oui, mais il est plus que temps d'agir. "Il faut faire un appel au monde politique et essayer de leur faire prendre conscience que, avec tout le respect que nous avons pour les virologues, et les experts (...), ce qu'on attend de leur part c'est de mettre en place une cohabitation avec le virus très clairement jusqu'à l'arrivée de ce fameux vaccin. Il faut respecter tous les gestes barrières mais également faire en sorte que le public puisse revenir dans les stades et permettre à notre secteur d'activités de revivre." 

Mehdi Bayat lance même un challenge aux virologues et aux experts de notre plat pays.  "Je lance aujourd'hui un challenge aux virologues, aux experts dont c’est le métier. Je ne suis pas virologue mais je leur lance un challenge. Je suis sûr et certain que si en France, ils ont réfléchi et qu’ils ont dit qu’il était possible de faire venir 5000 personnes dans un stade, ça doit être possible chez nous en donnant priorité à la mesure sanitaire nécessaire pour assurer la santé des spectateurs."

Pour terminer, le président de l'Union belge fait également un appel aux fans de football. "Le public devra s'auto-discipliner dans les stades de manière à ce qu'on puisse traverser cette période difficile en attendant ce fameux vaccin qui je l'espère règlera tout."