Mouscron occupe la dernière place du classement général avec Westerlo.

Le staff est plus qu’en danger. On savait que la tête de Glen De Boeck était mise à prix avant le déplacement ultra important à Saint-Trond. Si les investisseurs pouvaient se contenter d’un match nul, une défaite aurait pu provoquer la chute de Glen De Boeck et peut-être de son staff.

Samedi, sur le coup de 21 h 45, on ne donnait pas cher de la peau de l’Anversois. Humberto Paiva, l’un des deux directeurs sportifs du REM quittait le Stayen très rapidement. Juri Selak, l’autre directeur, ne descendait même pas dans les vestiaires, lui qui avait l’habitude d’aller discuter avec les joueurs et le staff après chaque rencontre. L’ambiance était lourde. Les joueurs ont mis du temps à quitter le vestiaire. Ils savaient que la défaite pouvait provoquer le licenciement de leur entraîneur du REM. Pourtant, le vestiaire mouscronnois restait derrière son coach. "Ce n’est pas un problème d’entraîneur", soulignait Thibaut Peyre, le défenseur du REM. "Le problème se situe dans nos têtes. Car outre le résultat, c’est la manière qui déçoit."

Une semaine après avoir pris un cinglant 7-0 à Anderlecht, les Mouscronnois avaient une occasion unique de se racheter face au 15e classé du classement général. Le match de Coupe à Courtrai, même s’il s’était soldé par une défaite 1-0, avait rassuré les Hurlus. Il y avait de l’envie, de l’organisation. Seuls les buts avaient manqué.

Tout le monde pensait alors qu’Anderlecht n’était alors qu’un accident. Mais ce n’était pas le cas. Face à Saint-Trond, l’homme le plus dangereux aura été Cristian Manea, qui n’a guère brillé par son apport offensif pourtant. C’est dire… En 90 minutes, les gants de Pirard n’ont que trop rarement chauffé, contrairement à ceux de Matej Delac qui a permis aux Hennuyers de ne s’incliner que d’un but d’écart.

La situation actuelle des Hurlus est inquiétante. Ils occupent la lanterne rouge avec le même nombre de points que Westerlo. Encore plus inquiétant : ils n’ont marqué qu’un seul but en huit matchs. "C’est offensivement que nous avons des difficultés", reconnaissait Thibaut Peyre.

Si on devait comparer Mouscron à Eupen, on pourra constater que les Pandas ont des possibilités dans leur noyau de pouvoir espérer marquer un but de plus que leur adversaire. Pas les Hurlus.

Se pose indéniablement la question de l’entraîneur. On peut difficilement virer tout un noyau. On imagine mal également les responsables sportifs prendre la porte. Reste alors le choc psychologique provoqué par le licenciement de l’entraîneur. Mais dans le cas mouscronnois, le coach est-il le seul coupable ? Certainement pas…

Il n’est pas le seul responsable

Plusieurs choix de Glen De Boeck pouvaient être contestés lors des derniers matchs des Mouscronnois. La titularisation d’Islam Feruz à Anderlecht reste une énigme. Quel était l’intérêt de mettre un attaquant de poche, peu utilisé tout au long de la saison, face à deux colosses de la taille de Kara et de Nuytinck ?

À Saint-Trond, pourquoi adopter un 3-5-2 alors que le noyau hurlu ne permet pas une telle tactique ? Avec les éléments mis à disposition de Glen De Boeck, le 4-2-3-1 semble s’imposer.

Le problème se situe là : aux éléments mis à disposition de Glen De Boeck. Car si l’on peut reprocher l’un ou l’autre choix de l’Anversois ou encore cette fameuse tactique à Saint-Trond, l’entraîneur du REM a surtout dû composer avec les moyens du bord.

À Saint-Trond, seuls trois titulaires (Peyre, Huyghebaert et Mohamed) appartenaient à Mouscron. Tous les autres joueurs sont prêtés par d’autres clubs. Certains sont prestigieux comme le Milan AC ou Chelsea mais cela n’en fait pas pour autant des grands espoirs de demain.

La politique de transferts pose problème. Les investisseurs veulent mettre en avant les joueurs de leurs réseaux. Et tant pis s’ils ne sont pas performants. Mais cela a ses limites. Des limites apparues aux yeux de tous ces dernières semaines.

Le président Patrick De Clerck est conscient de ce problème. "Nous avons soulevé ce point lors du dernier conseil d’administration du club", soulignait-il ce dimanche. "Il devrait y avoir des changements lors du prochain mercato."

Mais le président ne pouvait garantir la présence de Glen De Boeck d’ici là. Clairement, la position de l’Anversois dépend du bon vouloir des investisseurs. Ces derniers devraient faire entendre leur sentence ce lundi…