L’entrepreneur le plus sympathique de la cité pourrait bien se retrouver à la tête de l’Excel.

À la tête du club de football de Mouscron, Edward Van Daele a réalisé du bon boulot, malgré une période compliquée. Mais, il est désormais temps pour l’avocat de passer le flambeau. Et pour lui succéder, c’est le nom de Patrick Declerck qui revient sans cesse.

D’ailleurs, si rien n’a été officialisé à ce sujet, c’est que des rencontres doivent encore avoir lieu. Car le chef d’entreprise à la tête de Decomo est un homme de valeurs et ne souhaite pas s’impliquer dans un projet qui ne correspondrait pas à celles-ci.

Patrick Declerck est un personnage atypique, attachant et compétent. Son faciès est sans aucun doute l’un des plus connus de la cité des Hurlus, tant par sa réussite professionnelle que par sa sympathie. D’ailleurs, c’est sans doute ce savant mélange qui est à la base de l’ascension de l’administrateur-délégué de Decomo.

"Je dirai que je suis une personne qui rassemble beaucoup plus qu’elle ne divise. Aussi, malgré le fait que je doive prendre des décisions, je reste identique face à tout le monde. J’ai un caractère très fort. Mais je suis aussi un post-soixante-huitard. À l’époque, j’ai encore été jusqu’à organiser des grèves dans la propre entreprise de mon père (rires)", explique-t-il.

Chef de camp à 21 ans, membre de la Jeune Chambre économique dès son plus jeune âge, Patrick explique tirer les bases de sa carrière de ces expériences de jeunesse.

"Ce sont des choses qui m’ont beaucoup marqué", précise-t-il. Sa proximité avec le tout Mouscron aussi, il semble la tenir de sa jeunesse et des valeurs inculquées par son père.

"Quand je n’avais pas cours, j’allais le voir à l’usine. Et là, si j’avais le malheur de ne pas dire bonjour à quelqu’un, je me prenais une sérieuse engueulade. Je pense que c’est de là que me vient ce côté proche de tout le monde. Et si j’accepte la présidence de l’Excel, c’est cela que je voudrais amener. Le but est de ramener plus de personnes dans les travées du Canonnier", conclut Patrick Declerck, que certains aiment à comparer au fastidieux Marc Coucke.

"C’est vrai que certains nous prêtent une ressemblance. Je l’ai d’ailleurs déjà rencontré. Cependant, je n’ai pas le même portefeuille (rires)".

Le football, un levier économique pour la ville

La date du 30 juin a été fixée en tant que deadline pour la nomination du futur président du club hurlu.

S’il confirme que les contacts sont très avancés avec les décideurs, Patrick Declerck explique qu’il a souhaité avoir un rendez-vous avec l’actionnaire majoritaire avant de rendre sa décision.

"Il faut le temps que je vois l’actionnaire majoritaire. Il y a une volonté de trouver un deal avec lui. Je n’ai jamais été candidat et c’est Edward qui est venu me chercher. J’applique les méthodes que je connais dans les affaires et dans le football. Dès lors, on n’accepte pas une présidence sans rencontre au préalable. Et cela aura d’ailleurs lieu ce vendredi", déclare-t-il en tant qu’actuel actionnaire minoritaire et co-actionnaire fondateur du RMP.

Dans la démarche de l’actionnaire majoritaire de vouloir nommer Patrick à la tête du club, ce dernier explique qu’il admire le respect de la volonté des plus petits actionnaires.

"Nous avons toujours dit qu’il fallait un ancrage mouscronnois et ce qui est encore en train de se passer là. Pour moi, c’est le mariage parfait. Il fallait un Mouscronnois, un homme qui parle néerlandais ce qui est primordial. D’ailleurs, il y a déjà plusieurs investisseurs flamands qui m’ont promis de mettre un peu plus la main à la poche si je deviens président. Je veux utiliser ce club comme un bras de levier économique, comme le faisait feu Jean-Pierre Detremmerie à l’époque. J’ai toujours été Detremmeriste, même si je crois qu’il a fait un mandat de trop".

Et sur ce point , Patrick a sa propre théorie, basée sur l’expérience . "On ne signe pas de contrat au foot. Mais cela permet de nouer des contacts, de se dire qu’on s’était vu là et donc de favoriser les échanges. C’est un dynamique économique qui doit également permettre d’amener plus d’investisseurs. C’est ce que j’appelle le modèle Detremmerie", conclut-il. Et c’est un Mouscronnois de souche qui le dit !