Au Standard, le spectacle n’est pas meilleur en tribune que sur le terrain.

Samedi dernier à 18 heures, ils étaient 23.146 au coup d’envoi. À 19h28, après le 0-3 d’Idriss Saadi, une grosse moitié des supporters avait déjà quitté les gradins.

Cette résignation est symptomatique du mal qui règne à Sclessin depuis plusieurs mois. Qualifié de chaudron, rebaptisé l’Enfer de Sclessin depuis des décennies, l’antre liégeois semble davantage devenue un lieu de passage où il fait bon, et surtout où il est simple, de s’imposer.

Il y a encore quelques années, Sclessin rugissait avant même le coup d’envoi. Dès l’échauffement, le ton était donné à l’adversaire qui savait déjà, dans le car sur le chemin du stade, qu’il allait passer une soirée compliquée.

Aujourd’hui, Sclessin ne rugit plus, il se mure dans le silence. Pire, les supporters rouches font même preuve de cynisme comme samedi dernier lorsqu’ils se sont mis à applaudir le troisième but, magistral, d’Idriss Saadi ou encore, après celui-ci, lorsqu’ils ont encouragé chaque attaque de l’adversaire.

Ce comportement ne date pas d’hier. La saison dernière, lors du match de la honte face à Westerlo (1-2) qui voyait les Liégeois basculer à la dernière place, les supporters sifflaient chaque attaque des Standardmen et encourageaient également les Campinois.

Face à Courtrai, les hommes de Jankovic se sont une nouvelle fois mis leurs supporters à dos. Ces derniers leur ont justement tourné le dos avant d’encourager l’adversaire et de quitter le stade vingt minutes avant le coup de sifflet final.

"On ne peut pas jeter la pierre aux supporters", reconnaissait Renaud Emond. "Ils payent leur place et on leur offre un mauvais spectacle. Je leur donne raison et j’ai honte."

Le capitaine, Alexander Scholz, tenait un discours similaire. "Cela ajoute aux sentiments négatifs que nous avons déjà. Je comprends qu’ils sont mécontents mais cela ne nous aide évidemment pas."

Aujourd’hui, Sclessin n’est définitivement plus un enfer. La ferveur et la folie ont fait place au cynisme et à la résignation.