Division 1A

"La Pro League doit agir, continuer à le faire et veiller à ce que les clubs sanctionnent", a déclaré Pierre François vendredi. Alors que le conseil d'administration de la Pro League a approuvé lundi un renforcement des règles fédérales concernant le racisme et les chants des supporters, une vidéo où certains supporters du Club de Bruges entonnent un chant antisémite circule sur la toile depuis mercredi.

"Les faits ont été connus au lendemain d'une décision que nous avons prise pour adapter les textes afin de combler quelques lacunes constatées en lisant des décisions de jurisprudence", a précisé Pierre François. "La Ligue est un moteur de lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Nous avons arrêté un plan d'action l'année passée et il fait l'objet de rappels incessants au près des community manager de nos clubs. Nous avons voté ce lundi des demandes de modifications qui seront entérinées en janvier par la commission réglementaire de la fédération belge de football (URBSFA). Ce serait un tort de penser que nous ne luttons pas avec force et détermination contre ceci."

Certains supporters brugeois ont pris le pli d'entonner "Al wie niet springt is een jood" ("qui ne saute pas est un juif") et "Mijn vader zat bij de commando's, mijn moeder bij de SS, en samen verbanden ze Joden, want joden die branden de best" ("mon père faisait partie d'un commando, ma mère était SS, et ensemble, ils ont brûlé des Juifs, car les Juifs brûlent le mieux") lors d'une rencontre face au Sporting d'Anderlecht le 26 août.

Footgate: "Il n'est donc pas question de se substituer aux autorités"

Pierre François, directeur général de la Pro League mais également membre de l'expert panel, a répondu aux critiques émises depuis la publication lundi des recommandations et propositions quant aux pratiques à adopter vis-à-vis des agents dans le football belge. "Nous sommes contents de voir que les principes ont été unanimement acceptés par l'assemblée générale de la Pro League mais aussi qu'ils ont reçu, globalement, un bon accueil à l'extérieur", a déclaré Pierre François vendredi à l'agence Belga. Toutefois, le Liégeois a tenu, en sa qualité de directeur général de l'association des clubs professionnels, à répondre à certaines critiques. "J'ai lu que nous continuions à établir nos propres lois", a d'emblée lancé M. François. "On ne se substitue pas aux ministres régionaux en charge de la médiation. Le défi qui s'impose à nous va bien au delà de la médiation car nous devons définir quelles relations les agents et les clubs peuvent encore entretenir sans risque de conflits d'intérêts et quelles mesures nous devons prendre pour assurer la transparence. Il appartient à la Pro League de prendre les devants. On veut d'autant moins empiéter sur les compétences politiques que nous souhaitons que toute une série de mesures soient appuyées par des lois. On va demander aux autorités de nous accompagner dans ce processus, il n'est donc pas question de se substituer aux autorités", a-t-il expliqué.

Parmi les recommandations figure une règle élémentaire qui stipule que la personne qui mandate l'agent doit le payer. "Certains sont montés au créneau en disant: +En vertu de quoi la Pro League se permet-elle d'imposer un paiement au joueur?+", a ajouté l'ancien directeur général du Standard. "Nous n'avons pas inventé la règle, même si nous voulons la pousser. Ce type de pratiques est déjà en vigueur en MLS et en NBA (championnats nord-américains de football et de basket, ndlr). En Espagne, la règle est également retenue alors qu'en Premier League, elle figure dans les réformes. Elle est la traduction de quelque chose de très simple: celui qui mandate quelqu'un pour un travail doit être celui qui le paie. Il n'y a pas d'avenir pour la profession d'agent si, in fine, il se retrouve être l'agent du club", a étayé Pierre François. "Cela évitera des dualités d'intérêts et permettra au joueur de comprendre ce que son agent reçoit, vu qu'il le paiera."

Enfin, il a tenu à souligner que ces réformes n'étaient pas de la "poudre aux yeux". "Il faut être conscient que nous ne pouvons pas appliquer toutes les recommandations du jour au lendemain, même si on a déjà entamé le travail de mise en œuvre", a-t-il précisé. "On prévoit par exemple de changer les conditions d'enregistrement des agents. Il va donc falloir adapter le règlement fédéral. Nous allons également mettre sur pied une 'Clearing House'. Pour ce faire, il faut la constituer, désigner ses membres et prévoir ses pouvoirs d'investigation. Dans les six mois qui viennent, nous allons devoir démontrer que, quand nous annonçons quelque chose, on le fait", a ponctué Pierre François.

"La réforme des compétitions est une priorité"

Tout devrait être mis sur table pour que l'ensemble des recommandations soient d'application dès le prochain mercato d'été.

"La réforme du football belge est une priorité car du format de compétition va dépendre les droits télévisés, auxquels il faut un accord collectif pour les négocier", a déclaré vendredi Pierre François, directeur général de la Pro League, l'association des clubs professionnels. "A l'heure actuelle, le management de la Pro League ne peut pas négocier des droits télévisés au-delà du 30 juin 2020. Notre situation n'est donc pas enviable", a-t-il ajouté à l'agence Belga. "En France, nos homologues ont pu vendre les droits de la période 2020-2024 en s'appuyant sur l'arrivée de Neymar au Paris Saint-Germain. Pour eux, c'était un momentum intéressant pour les vendre."

"Chez nous, il y a une certaine urgence dans ce dossier, nous sommes à l'avant-veille du 30 juin 2020", a prévenu Pierre François. "Il sera temps de pouvoir négocier et établir notre appel d'offres sur base d'un format de compétition. Marc Coucke (président de la Pro League, ndlr) le sait bien mais notre agenda a été un peu bousculé", a ajouté le Liégeois en faisant référence aux deux derniers mois agités suite au scandale de suspicion de fraude qui agite le milieu du football belge. "L'échéance a été fixée au plus tard à mai 2019", a assuré Pierre François.

L'ancien directeur général du Standard a affirmé que la Pro League ne suivrait pas l'Union belge en cas de déménagement de l'URBSFA à Tubize. "Les clubs pros doivent garder leur siège à Bruxelles. Symboliquement, c'est important pour la compréhension des gens d'avoir deux sièges distincts. Pour nous, cela peut également s'avérer positif commercialement, disposant d'une identité et d'une visibilité propre."