Trois entraînements par jour : cela peut booster… ou perdre tout un groupe.

Les traits étaient tirés mais les joueurs n’ont eu d’autre choix que de brancher leur réveil vers six heures et demie du matin pour être présents, soixante minutes plus tard, à l’Académie Robert Louis-Dreyfus. Comme il l’avait annoncé, Aleksandar Jankovic a réservé un programme chargé à ses joueurs suite au match pathétique disputé, samedi soir, sur la pelouse de Mouscron. Le technicien serbe n’a absolument pas apprécié le spectacle proposé par son groupe et n’a pas manqué l’occasion de le souligner, dimanche. Le message pourrait être résumé avec les mots suivants : "Vous allez le payer."


Les Liégeois auront donc droit à trois séances quotidiennes, donc un jogging prévu dès huit heures du matin. Une méthode radicale qui comporte certains risques car plusieurs joueurs risquent de ne pas accepter cette sanction, notamment ceux qui n’ont même pas pris part à la déroute mouscronnoise. Aleksandar Jankovic prend donc un risque, même s’il est évident qu’il était impossible de ne pas réagir.

Une telle mesure drastique ne fera jamais l’unanimité. "Selon moi, il se ridiculise", avance Aad De Mos, qui n’a jamais été un grand supporter de l’actuel entraîneur du Standard. "Aleksandar Jankovic a lui-même échoué en travaillant les automatismes d’une défense à trois dont il n’est déjà plus question aujourd’hui. En agissant de la sorte, il signe son propre arrêt de mort. Les joueurs ne valident plus ces méthodes d’un autre siècle."

Albert Cartier, actuellement en poste à Sochaux, a toujours eu la réputation de ne pas ménager ses hommes lorsque les événements ne tournaient pas comme il le souhaitait. "On peut perdre contre une équipe supérieure, cela arrive même à Barcelone. Il faut donc bien analyser les causes d’un revers avant de prendre une telle mesure radicale", dit-il.

L’entraîneur français l’avait fait lors de la saison 2008-2009 lorsqu’il était à la tête de Tubize. Au soir d’une élimination à Mouscron (3-1), il avait organisé un entraînement dès le retour dans le Brabant et deux autres le lendemain matin (à sept et onze heures). "Et le samedi, nous battions le Cercle assez largement", se souvient-il. "Ce genre de sanction ne peut marcher qu’une fois avec un groupe, pas deux. Sinon, cela n’a plus aucun effet. Si les joueurs ne respectent pas un projet de jeu ou n’affichent pas une mentalité exemplaire, il faut essayer de provoquer un électrochoc. Maintenant, le faire à cette période de l’année comporte quelques risques car les terrains sont compliqués et l’organisme des joueurs est agressé par le froid."

Par contre, il tempère les effets néfastes que cela pourrait avoir sur le groupe. "Il est impossible de faire l’unanimité. S’il avait donné un jour de repos, on aurait dit que ce n’était pas normal et là, on pourrait lui dire qu’il ne permet pas à ses joueurs de s’aérer l’esprit", poursuit Albert Cartier. "Il est donc important d’avoir des leaders qui vont dire aux autres de se taire et de répondre aux critiques dès le match suivant. Il faut toucher l’orgueil, la fierté des joueurs."

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