Selim Amallah est du genre à dire ce qu’il pense. Le Marocain parcourt en revue plusieurs sujets chauds et il n’a, évidemment, pas sa langue en poche.

La saison du Standard : "Cela a été une année avec des hauts et des bas. C’était compliqué à certains moments mais la finale peut nous aider à nous racheter. On voulait tous être en PO1 et on a échoué. Les PO2, ça ne doit jamais être notre place."

Le changement de coach : "Avec Philippe Montanier, cela se passait bien. Je n’ai rien à dire de négatif à son sujet. Qu’est-ce qui a fait que cela a planté à un moment ? Je ne sais pas l’expliquer. Le Standard a souvent des périodes durant lesquelles il chute. On a connu la même chose la saison dernière. Quant à coach Mbaye, on se connaissait et cela a aidé. On a beaucoup échangé et cela m’a fait du bien."

La blessure de Bokadi : "Il était dégoûté, à juste titre. Quand on fait l’historique de ses blessures depuis son arrivée (NdlR : les croisés en 2017 et 2019 ainsi qu’une rupture du tendon d’Achille la semaine dernière), c’est un truc de fou. Bope réalisait une saison incroyable, c’était même le meilleur d’entre nous à mes yeux. Il nous a sorti des matchs exceptionnels. Le voir tomber comme ça, à une semaine d’une finale de Coupe, c’est triste. Dimanche, on jouera pour lui, on va se battre pour gagner le trophée pour lui."

Sa première finale : "Je suis excité. J’ai hâte d’y être, j’ai envie de jouer ce match. On rencontre une belle équipe mais on donnera tout pour l’emporter. Les deux équipes ont de belles individualités et un bon collectif. De notre côté, on se doit d’être concentrés. On a les armes pour vaincre mais, je le répète, la concentration a souvent fait défaut durant nos matchs cette saison. On l’a vu à Genk : on a eu deux moments de flottement et on l’a payé cher."

Le Maroc : "Lorsque je choisis le Maroc en 2019, c’est un choix du cœur. Depuis tout petit, on se réunit pour regarder les matchs du Maroc, j’ai passé toutes mes vacances là-bas. J’ai vécu en Belgique, je lui dois tout mais je ne voulais pas jouer pour une autre nation. Évidemment, j’ai discuté avec Mehdi Carcela mais il n’a pas voulu m’influencer. La Coupe du monde avec mon pays, c’est un rêve. On a une énorme équipe avec de beaux joueurs. Bien sûr qu’on peut se qualifier mais, quand tu joues en Afrique, c’est souvent compliqué. Il y aura aussi la Can ; j’ai hâte de jouer cette compétition."

La relégation de Mouscron : "Je suis triste pour ce club familial. Cela m’a fait quelque chose dimanche dernier, en rentrant dans le vestiaire, d’apprendre que c’était eux qui descendaient. J’ai vite envoyé quelques messages de soutien à d’anciens équipiers. J’ai entendu les propos de Fabrice (Olinga), je les partage à 100 %. Cela a toujours été compliqué à Mouscron. Quand je suis arrivé à 17 ans et que je m’entraînais avec les pros mais que les dirigeants ne voulaient pas me faire signer sous prétexte qu’ils ne s’entendaient pas avec mes agents. Mouscron a toujours été difficile à gérer. Cela a souvent été les amis des amis avant."

Le projet de Superligue : "Ce n’est pas le football que j’aime, dont je rêve. C’est encore une fois une question de business, d’argent. C’est l’argent qui est au centre des discussions et non le football. C’est malheureux de voir tous ces jeunes qui ont des étoiles dans les yeux en regardant les grands clubs et, une fois qu’ils grandissent, ils se rendent compte que tout n’est que business. C’était mon cas. Quand je suis arrivé dans le milieu, j’ai découvert que c’était l’opposé de l’idée que je m’en faisais. Le milieu du foot est compliqué et porté sur le business. Encore aujourd’hui, il y a des choses qui me choquent."


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