Jouer y apparaît plus important que gagner


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LONDRES Arsenal est un club atypique. Depuis l'arrivée de Wenger, il ne renie pas une philosophie basée sur deux solides ancrages : la jeunesse et le beau jeu basé sur les mouvements, les passes, la vitesse d'exécution et la maîtrise technique. En forçant le trait, Arsenal apparaît comme le seul club où jouer est plus important que gagner.

Des joueurs veulent partir et risquent de pourrir l'ambiance? Quel que soit leur statut, ils peuvent aller voir ailleurs comme ce fut le cas pour Adebayor et Kolo Touré cet été. Les autres grands d'Angleterre dépensent sans compter pour se renforcer ? Pas de problème. Malgré un budget de 180 millions, Arsenal se contente d'un plus gros transfert à 20 millions (Arshavin), devant Wiltord (17 millions) et Nasri (16 millions), toujours blessé.

Dans les cent plus gros transferts entrants de l'histoire, le nom d'Arsenal ne revient jamais. Par contre, le club a déjà réussi à fourguer Overmars (28 millions à Barcelone), Anelka (25,5 millions au Real Madrid), Henry (21 millions à Barcelone) ou Vieira (17 millions à la Juve ) pour des sommes considérables.

Le club londonien ne compte actuellement que trois véritables stars : Arshavin, blessé, Fabregas et van Persie... forfaits également. Et les deux premiers (puisque le Néerlandais est passé en pointe depuis le départ d'Adebayor) suffisent, avec l'apport de Song, Denilson, Diaby, Eboue ou Nasri, à offrir aux Gunners l'entrejeu le plus scintillant, avec celui du Barça , au monde.

Pourtant, jusqu'en 1996 et l'arrivée d'Arsène Wenger à la tête du club londonien, Arsenal renvoyait l'image d'un jeu alors purement britannique, du kick-and-rush légendaire. À touches rapprochées, souvent en provenance de l'Hexagone (Henry, Anelka, Vieira), le technicien français a chamboulé cette image réinstallant avec un football plus latin les Gunners au sommet de la hiérarchie anglaise.

Alors qu'Arsenal n'avait remporté que sept trophées nationaux (deux championnats, deux Coupes d'Angleterre, deux Coupes de la Ligue, une Community Shield ) sur les vingt-cinq années précédant sa venue, il instilla son club comme une valeur sûre : sept fois dans le Top 2 entre 1998 et 2005 dont trois titres, quatre Cup et quatre Community Shield . Depuis 2005, pourtant, c'est morne plaine. Et la plus prestigieuse des Coupes d'Europe fait toujours défaut dans la vitrine londonienne.



© La Dernière Heure 2009