Ce mercredi, mécontent de ne pas pouvoir rejoindre l’Antwerp et donc de décider seul de sa future destination, Michel-Ange Balikwisha a eu recours à la loi de 78. Pour rappel, cette dernière permet à un joueur de mettre fin unilatéralement à son contrat, moyennant paiement d’une indemnité (égale au montant de rémunération dû jusqu’au terme du contrat en question). Mais en Belgique, il existe un "gentlemen’s agreement" qui dit qu’un club s’interdit de transférer un joueur qui a actionné cette loi. Et pour l’activer, le joueur doit invoquer un motif grave sans quoi il s’expose à des sanctions qui seront applicables dans le courant de la saison. Or, l’ayant activée au 30 juin 2021, soit un jour avant le début officiel de la saison 2021-2022, le Standardman passerait entre les mailles du filet. "Cette rupture unilatérale du contrat qui lie le joueur avec le club ne fait référence à aucun motif, et est adressée sans annonce préalable", fait savoir le Standard dans un communiqué.

Rétrospectivement, de nombreux clubs ont manifesté leur intérêt et c’est le Club de Bruges qui a fait la première offre. Les deux clubs ont négocié et sont tombés d’accord sur base d’un transfert avoisinant les 7 M€, tous bonus compris. Le joueur a ensuite visité les infrastructures du Club, s’est entretenu avec Philippe Clement et a ensuite négocié son salaire. C’est là que le premier couac est survenu puisqu’il y a eu un désaccord entre les deux parties. Entre-temps, l’Antwerp est entré dans la danse. Lundi, les Anversois ont transmis une offre de 4 M€, refusée par les Liégeois. Mardi, l’offre est passée à 4,5 M€ toujours avec la même réponse côté rouche : non. L’Antwerp a-t-il les moyens de s’aligner sur l’offre de Bruges ? Pas certain.

"Le Standard de Liège avait eu vent que Michel-Ange et son "agent" - Monsieur Didier Frenay - étaient en discussion avec l’un ou l’autre club de Jupiler Pro League, sans que nous n’en soyons formellement avertis. Notre club ne peut en aucun cas imaginer que l’un de ces clubs puisse être impliqué d’une quelconque manière dans cette rupture unilatérale", précise le club. S’il n’est pas explicitement nommé, c’est bien le club de l’Antwerp qui est visé car il a pris langue avec le Standardman sans que les deux clubs ne soient tombés d’accord. Balikwisha aurait même eu un entretien avec le coach, Brian Priske, et d’autres membres du staff anversois. Le discours du T1 anversois ainsi que la proposition financière plus alléchante ont-ils poussé le cadet des frères à agir de la sorte ?

Ce dossier pourrait-il être réglé si le Standard venait à accepter les 4,5 M€ de l’Antwerp ? Rien n’est moins sûr. Et ensuite, quelle sera l’attitude du club anversois, imitera-t-il Courtrai qui, en 2019, avait mis Faïz Selemani sous contrat après que ce dernier n’a eu recours à cette même loi 78 ? Si tel était le cas, ce serait assurément une véritable bombe qui exploserait au sein de la Pro League dont les instances doivent espérer qu’on n’en arrive pas là. De leur côté, les supporters liégeois n’ont pas manqué de manifester leur mécontentement, parfois de façon véhémente, suite au choix porté par celui qu’ils adulaient encore il y a quelques mois.