Le PTB estime que le subside de 125.000 euros qui devrait être octroyé par la Ville de Liège au Standard est trop généreux compte tenu du peu d'impôts payés par le club et de ses bénéfices. Le parti de l'opposition juge que cette somme pourrait être mieux répartie entre différents petits clubs sportifs. Le conseil communal de Liège du 12 novembre devra se prononcer sur l'octroi d'un subside de 125.000 euros au Standard de Liège. Une somme visant pour la Ville à "participer au développement de ce club représentatif de Liège", selon la délibération envoyée aux différents partis.

Pour l'opposition PTB, il est "étonnant qu'un grand club comme le Standard dont la société anonyme a réalisé un bénéfice net de 19 millions d'euros en 2012 reçoive encore de l'argent public". Le parti de gauche affirme que le club de football n'a payé que 0,19% d'impôts (36.769 euros) par rapport à ses bénéfices.

Le PTB souligne également que le Royal Football Club Liégeois ne reçoit que 10.000 euros de la part des pouvoirs publics. "Plus un club a de l'argent, plus il bénéficie de subsides. C'est incompréhensible !", commente Raoul Hedebouw, conseiller communal PTB. "Il faudrait que ce soit l'inverse. Plein de petits clubs voudraient plus de subsides."

Pour le PTB, ces 125.000 euros, "octroyés à un club professionnel privé qui se porte bien financièrement, pourraient trouver d'autres affectations plus intelligentes et plus utiles socialement".


Duchâtelet conteste

Roland Duchâtelet, président du Standard de Liège conteste l'accusation faite mardi par le PTB. Il affirme que le club de foot paie plusieurs millions d'impôts par an et que le subside de 125.000 euros est accordé par la Ville en échange de contreparties. Le bourgmestre de Liège Willy Demeyer juge également que le PTB livre une accusation incomplète et orientée. 

Roland Duchâtelet conteste les affirmations du PTB et souligne que les 125.000 euros accordés annuellement par la Ville au club ne sont pas un subside. « Il y a des contreparties derrière, notamment en terme de publicités, de titres d'accès à des événements, etc. », a-t-il affirmé à l'agence Belga.

Il indique par ailleurs que le Standard paie « entre 5 et 10 millions d'impôts par an » sous forme de TVA, d'impôts sur l'emploi et de taxes locales, en plus de l'impôt sur le bénéfice. « Dire que nous ne payons que 0,19% d'impôts est faux. L'affirmation du PTB est déplorable. » Le PTB visait pour sa part le taux insignifiant d'impôt sur les bénéfices.

Dans un communiqué, le bourgmestre de Liège Willy Demeyer (PS) confirme que des contreparties sont prévues en échange de ces 125.000 euros en termes de visibilité pour la Ville, de formation des jeunes joueurs et d'utilisation des infrastructures du club. Il estime que le PTB oublie de mentionner que le Standard paie différentes taxes communales dont le total « est largement supérieur aux montants octroyés dans le cadre du partenariat. »

Pour le bourgmestre, l'affirmation du PTB est « incomplète et orientée ». Roland Duchâtelet rappelle enfin que le Standard de Liège est « l'une des principales sources de loisirs du pays et de la Wallonie, mais aussi d'emplois. Vouloir s'attaquer à cela est regrettable. »