Un peu plus de 200 fans ont assisté à la séance ouverte d’hier. Ils aimeraient que ce soit plus souvent le cas, même s’ils comprennent les soucis organisationnels.

Un entraînement du Standard ouvert aux supporters et à la presse, c’est rare. Alors, un peu plus de 200 supporters avaient décidé de braver le froid et une pluie fine pour rallier l’Académie Robert Louis-Dreyfus et observer, pendant un peu plus d’une heure, la séance menée par Aleksandar Jankovic et l’ensemble de son staff technique. "Ne me prenez pas en photo car normalement, je ne suis pas censé être là. Je devrais être en train de travailler", dit un fan. Nous tairons donc son identité, en espérant simplement que tous les patrons liégeois ne scrutent pas les photos à la recherche de leur employé.

Cet exemple démontre, du moins, que le supporter du Standard attendait avec impatience cet après-midi car, depuis l’entame de la préparation, une seule séance avait été ouverte au beau milieu du mois de juillet. Par la suite, le calendrier particulièrement soutenu a empêché le club d’ouvrir l’accès à ses supporters car chaque séance était pratiquement utilisée pour préparer la prochaine rencontre. "Je comprends le raisonnement mais, personnellement, il me semble qu’il est possible d’organiser un entraînement ouvert tous les quinze jours. Je n’en raterais pas un", soutient Jason, qui n’a pas hésité à combler les cent cinquante kilomètres qui séparent Tournai et Liège pour observer ses joueurs préférés.

Son cas n’est pas isolé. "Je viens de Ternat, à côté de Bruxelles, juste pour que mon fils puisse prendre une photo avec Benito Raman", raconte David. Autres villes lointaines pointées : Comines (227 kilomètres) et Beauraing (120 kilomètres). "Mais ça valait la peine, aucun regret", disent-ils. "Moi je viens de Landen. J’ai pris le train pendant plus d’une heure, puis le bus pendant vingt minutes pour arriver jusqu’ici", raconte Benoît.

© JC Guillaume

Ils ont tous été récompensés de leur patience en pouvant envahir le terrain pour une séance d’autographes et photos improvisée. Sans réelle surprise, Adrien Trebel, Edmilson et Ishak Belfodil ont été les joueurs les plus demandés.

Auparavant, Aleksandar Jankovic avait réservé une séance assez soutenue à son groupe. Quelques plateaux d’échauffements, puis des exercices de passes courtes et longues et, enfin, des oppositions sur un tiers de terrain. Des matches d’entraînement particulièrement intenses avec de vrais duels physiques. Eyong Enoh, Adrien Trebel et William Soares n’ont jamais retiré le pied dans les duels, face à un entraîneur qui ne cessait d’invectiver ses hommes. "Quand on voit le caractère qu’il dégage, on ne peut que l’aimer", nous disait un supporter au sujet du nouveau coach.

Dans un autre style, Edmilson, par la qualité de ses centres et ses gestes techniques, Ishak Belfodil, par son engagement, et Guillaume Hubert, pour plusieurs parades de belle facture, ont démontré qu’ils étaient les hommes en forme du moment. Par contre, Réginal Goreux, Faruku Miya et Konstantinos Laifis, tout juste revenus de leurs obligations internationales, n’ont pu se joindre au groupe, tout comme Matthieu Dossevi, qui s’est contenté de la séance matinale pour éviter une surcharge après trois semaines d’absence.

Désormais, les supporters attendent avec impatience le prochain entraînement ouvert. "Ron Jans en faisait un par semaine mais bon, cela ne lui a pas porté chance", rigolait un fan.

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L'AVIS DES SUPPORTERS

Ferrera ou Jankovic: "Jankovic sait reconnaître ses erreurs…"

Lorsqu’on leur demande s’ils préfèrent Yannick Ferrera ou Aleksandar Jankovic, les supporters n’hésitent pas vraiment. "Je ne souhaite même pas parler de l’ancien, je ne serai pas polie", s’agace une supportrice.

"Notre nouveau coach est capable de reconnaître son erreur à la fin d’un match, ce qui n’est pas le cas de son prédécesseur. Avec lui, c’était tout le temps la faute des autres et, au final, c’est ce qui l’a perdu", dit Jason.

C’est également l’attitude du technicien serbe qui semble faire mouche. "Il suffit de l’observer pendant l’entraînement, il n’arrête pas de motiver ses hommes. Il a la mentalité pour réussir chez nous et en plus, il obtient des résultats", appuie Quentin, même pas vexé par l’élimination en Coupe de Belgique. "Cela peut arriver, non ?"

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Le meilleur joueur: "Edmilson assure le spectacle"

Il a suffi de jeter un œil sur la séance de photos improvisée en fin de séance pour comprendre qui étaient les joueurs les plus populaires. "Je les aime tous, mais j’ai un petit faible pour Edmilson. Avec ses dribbles et sa technique, il assure le spectacle. C’est ça qu’on veut voir chez nous", dit Benoît.

Quentin préfère, lui, un autre élément offensif. "Benito Raman ! Il est jeune et se bat pendant nonante minutes. Il a tout pour devenir le nouveau chouchou du public car sa mentalité colle à celle du club."

Jason est davantage sous le charme d’un élément bien plus discret mais tout aussi précieux. "C’est Alexander Scholz. La défense a souvent été remaniée, mais lui a tout le temps gardé le même niveau. J’avais fait le déplacement à Gand et il m’avait impressionné. J’espère qu’il va rester longtemps chez nous, mais je comprendrais qu’il parte, vu son talent."


Le moins bon joueur "On attend un peu plus de Goreux"

Suite aux résultats en dents de scie, il était évident que les supporters allaient être déçus de l’un ou l’autre joueur. Au moment de choisir, tous ont opté pour Réginal Goreux. "Ce n’est pas que je ne l’aime pas car, humainement, c’est vraiment quelqu’un de bien. Il n’a pas atteint son meilleur niveau depuis le début de la saison, avec plusieurs mauvaises prestations, et il était donc logique que Collins Fai lui prenne sa place. Mais j’espère qu’il va retrouver ses meilleures sensations car c’est un clubman et nous avons besoin de joueur comme lui", dit Jason.

Un argumentaire que corroborent Benoît et Quentin. "Il n’a pas eu le niveau cette saison et je me demande s’il pourra encore le retrouver", s’interroge même le second.

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