"Je savais que, pour réussir, je devais m'immerger totalement"

ANGLEUR "Sans le passeport, je me sentais déjà parfaitement intégré dans ce pays magnifique, où l'on vit bien, où l'on mange bien, où la couverture sociale est appréciable. Je le considérerais volontiers comme un mât de cocagne s'il... n'y faisait pas aussi froid et si les disputes communautaires n'y envenimaient pas les relations."

l'ancien joueur de genk n'entonne pas par complaisance une ode au pays qui, il y a neuf ans, a accueilli cet adolescent brésilien de 17 ans qui ne s'exprimait qu'en portugais.

"Je n'oublierai jamais la famille limbourgeoise qui m'a hébergé. Ni Paul Stefany, mon manager, ainsi que Domenico Lasalle, qui se sont tous occupés de moi. La Belgique m'a permis de construire ma vie professionnelle, de parler deux des langues nationales. J'ai appris le néerlandais en chanson : dans ma famille adoptive, ma maman écoutait Frans Bauer du matin au soir. Je ne suis rétif qu'à l'allemand, une langue trop difficile pour moi."

L'attaquant du Standard insiste : "Mes amis brésiliens éprouveraient peut-être des difficultés à me reconnaître. La Belgique a façonné un autre Igor. Elle m'a imprégné d'une mentalité européenne, qui se remarque dans mon jeu et qui, dans la vie, se manifeste par une autre manière d'aborder les gens. Je savais que, pour réussir, je devais m'immerger complètement dans ce nouveau pays".



© La Dernière Heure 2009