Cette excuse facile n'a pas lieu d'exister

SCLESSIN Dimanche, le Standard se déplacera au Germinal Beerschot, 72 heures après son match de Coupe Uefa disputé hier face au FC Séville. Est-il plus vulnérable en cette circonstance ? Oui, sans hésitation nous répondrez-vous. La fatigue accumulée et la décompression après un match important sont autant de facteurs qui jouent sur le rendement lors du match suivant. Les exemples de Bruges qui s'incline 3-0 à La Gantoise après Rosenborg ou du Standard qui perd 4-1 au Cercle dans la foulée d'Everton sont là pour le prouver. Et Anderlecht qui, l'an passé, gaspille dix-sept points après la Coupe d'Europe, c'est une belle preuve supplémentaire non ?

Autre question : la perspective d'un gros match européen engendre-t-elle une baisse des résultats lors du week-end qui précède la Coupe d'Europe ? Sans doute, puisque certains ont déjà l'esprit tourné vers ce match, dans l'imaginaire, plus important.

Et bien pas nécessairement. La fatigue européenne n'est pas une tare. En prenant un échantillon plus large d'analyse que quelques exemples ciblés et ce, afin d'avoir une vue plus précise du phénomène, on se rend compte que l'excuse européenne n'a pas de raison d'exister. Nous avons calculé, pour les cinq dernières saisons et pour le Club Bruges, Anderlecht et le Standard (nos clubs le plus souvent européens), les points pris lors des matches de championnat joués juste avant un match de Coupe d'Europe, juste après un match de Coupe d'Europe et joué dans une semaine normale.

Résultat : en moyenne, les clubs prennent plus de points après la Coupe d'Europe. Et ils en prennent également plus avant qu'en semaine classique.

Précisons quand même que, forcément, certains clubs, ceux aux noyaux plus limités quantitativement, sont davantage soumis que d'autres aux risques engendrés par l'accumulation des matches. Le seul bilan du Standard, qui a le noyau en profondeur le moins fourni des trois grands, montre d'ailleurs une très légère baisse pour les matches post-Europe . Mais c'est tellement minime que ce ne peut pas être considéré comme un phénomène chronique.

À noter : certains matchs sont comptabilisés tant comme rencontres d'avant coupe d'Europe et comme matchs d'après coupe d'Europe.



© La Dernière Heure 2008