Standard Trois minutes sur le terrain et il s’est gravement blessé : fracture du tibia et entorse de l’épaule.

L’image a glacé le sang. À quatre minutes du terme, Obbi Oulare s’est arraché pour tenter de dévier un ballon en profondeur mais il n’a pas vu éviter un choc violent avec le gardien local, Milan Lukac. Sa jambe s’est emmêlée dans celles du gardien turc et un bruit a immédiatement résonné dans l’enceinte. "Il a senti un craquement", confirmaient les joueurs à la sortie des vestiaires.

L’attaquant a immédiatement perçu la gravité de la situation, en demandant son changement. Comme si l’intensité de la douleur était directement trop importante pour espérer disputer les dernières secondes de la rencontre. Sorti sur civière, il n’a pu retenir ses larmes, bien conscient que la situation était grave pour lui, qui revenait tout juste d’une grosse opération à la hanche. Une intervention le contraignant à rester éloigné de ses crampons durant huit longs mois. "Je ne sais pas exactement la nature de sa blessure mais je pense que c’est sérieux. C’est tellement dommage pour lui qui était à peine de retour et avait signé un bon match à Saint-Trond", regrettait Zinho Vanheusden.

L’histoire était peut-être trop belle pour lui. Ce premier but lors de sa première titularisation avait suffi à démontrer toute l’importance qu’il pouvait prendre dans cette équipe liégeoise. Mais son corps, si puissant, n’a pas suivi ses envies. "Il revenait de loin, j’espère que ce n’est pas trop grave, qu’il n’y a pas de fracture. Ce serait la catastrophe de la soirée", commentait Michel Preud’homme. "Il m’a dit : ‘j’ai peur car j’ai entendu le bruit’ (NdlR: le craquement). Ce serait aussi une catastrophe pour lui car il était bien revenu. Et pour nous, avec les ambitions que nous avons."

Obbi Oulare a immédiatement quitté le stade pour rejoindre l’hôpital d’Akhisar, situé à une centaine de mètres, en compagnie de Julien Detaille, l’un des kinés du club, et d’un traducteur pour faciliter la compréhension et l’échange avec les médecins locaux. "Ce serait terrible pour lui, mais j’ai entendu que cela allait un petit peu mieux", espérait Paul-José Mpoku.

L’international congolais avait visiblement les bonnes informations. Les premières nouvelles laissaient penser au pire car une fissure du tibia était évoquée par certains membres de l’encadrement du club. Mais un petit peu plus tard dans la soirée, un diagnostic bien plus rassurant est tombé : fracture du tibia, qui ne nécessite pas une opération, et entorse de l’épaule.

La durée de son indisponibilité n’est pas encore connue, mais il est certain qu’il ne sera plus en mesure de jouer cette année. Ce qui est une petite catastrophe pour un joueur qui fondait beaucoup d’espoirs sur le stage hivernal afin de retrouver un petit peu de rythme.

Ce vendredi, il devrait quand même pouvoir accompagner le reste de la délégation jusqu’à l’aéroport d’Izmir pour rentrer à Liège. Mais il se disait que son moral était particulièrement touché, ce qui est totalement compréhensible pour un homme qui a déjà loupé 361 jours de compétition à cause de différentes blessures depuis ses grands débuts professionnels.