Jonathan Legear dresse un constat net, clair et précis pour expliquer la situation du club.

Comment analyser ce fiasco sportif ? Durant les prochains jours, les commentaires vont s’accumuler partout dans le pays mais celui de Jonathan Legear risque bien d’être le plus pertinent. Monté à la pause, l’ailier liégeois a été percutant sur la pelouse (plusieurs centres dangereux et une frappe enroulée) et en dehors. Pas adepte de la langue de bois, il a pointé les manquements du Standard avec une précision assez déconcertante.

Cette fois, c’est officiel : le Standard disputera les playoffs 2.

"C’est une situation difficile mais nous ne devons nous en prendre qu’à nous-mêmes. Nous ne pouvons revendiquer quoi que ce soit lorsqu’on enchaîne cinq ou six matches à domicile sans gagner. Je pense même que nous n’avons gagné qu’une fois lors de nos dix ou onze dernières sorties. Ce qui est malheureux, c’est que parfois, cela s’est joué sur des détails. De cette façon, on ne peut prétendre aux playoffs 1."

Comment expliquer ces mauvais résultats ?

"Nous sommes tombés dans une spirale négative et nous nous sommes mis à douter. Il y avait également beaucoup d’éléments contre nous, c’est-à-dire que nous rations des occasions, nous ne gagnions pas et nous étions donc frustrés. Toutes les équipes du monde connaissent ce genre de période plus difficile au cours d’une saison, mais elles parviennent à les casser plus ou moins rapidement. Nous, nous l’avons traînée deux ou trois mois. Il aurait fallu enchaîner deux ou trois victoires mais nous n’y sommes pas parvenus."

On a quand même l’impression que le match interrompu à Charleroi a constitué un tournant ?

"On peut chercher un tas d’excuses mais ceux qui sont sur le terrain, c’est nous. Donc nous ne pouvons en vouloir qu’à nous-même. Il faut se poser les bonnes questions, se regarder dans un miroir. Il est important d’enchaîner les bons résultats, sans quoi nous ne gagnerons pas les playoffs 2."

Justement, quelles peuvent être les ambitions du Standard dans cette compétition ?

"Il faut la gagner, tout simplement. À l’entraînement, on se donne comme des fous, on est un bon groupe mais il ne faut pas baisser les bras. Avant le début de la saison, tout le monde disait que nous avions le deuxième ou troisième meilleur noyau de Belgique et maintenant, tout le monde dit qu’on va avoir du mal à se sortir de ces playoffs 2. Il faut montrer que le Standard n’est pas mort et jouer avec son cœur, quel que soit l’adversaire."

Individuellement, vous êtes à créditer d’une bonne montée au jeu. Cela vous fait du bien ?

"Je suis un joueur avec beaucoup d’expérience, et je dois la partager un maximum avec notre jeune groupe. Je suis là pour aider le club, que je sois sur le banc ou en tribune. Je n’ai pas été beaucoup utilisé lors des deux ou trois derniers mois alors que j’étais au top de ma forme à l’entraînement. Ce sont des choix et des gens sont payés pour les faire. Le travail finit par payer. Même si je n’ai pas eu beaucoup de temps de jeu, j’ai prouvé que je pouvais encore amener quelque chose au Standard."

Mais ce n’est pas assez pour un joueur comme vous ?

"Ce n’est jamais assez. Je veux gagner des titres avec ce club et donner le maximum de mon potentiel. Mais si on n’a pas besoin de cela, c’est le foot. Nous sommes vingt-cinq ou trente joueurs et il n’y en a que onze qui peuvent jouer."

Avez-vous souvent été blessé ces derniers mois ?

"Sur les trois ou quatre derniers mois, j’ai peut-être manqué quatre ou cinq semaines d’entraînement. Le reste du temps, j’aurais pu amener quelque chose à cette équipe. Mais bon, si tu es super bien à l’entraînement, tout est positif et tu n’es pas utilisé, c’est que le problème est ailleurs…"