Le gaucher est entré dans la légende rouche en marquant lors de la finale de 93

Ce n’est pas 25 ans, comme pour le titre. Mais cela fait tout de même 18 ans que le Standard attend de remporter une nouvelle Coupe de Belgique. La dernière, c’était en 1993. Avec Charleroi en face, il s’agissait, en plus d’une finale, d’un derby. Chaud, comme les températures de ce dimanche 6 juin 1993. Une date qui restera gravée dans la mémoire de Philippe Léonard. L’ex-Standardman avait 18 ans à l’époque. Pour l’occasion, le back gauche avait joué dans l’entrejeu. Une position plus avancée qui lui avait permis d’inscrire le deuxième but liégeois.

“Cette Coupe de Belgique, c’est mon meilleur souvenir avec le Standard” , dit Philippe Léonard, qui a porté la vareuse rouche de 1991 à 1996 et de 2004 à 2006. “En même temps, c’est la seule fois que j’ai gagné un trophée.”

Cela n’avait pas été facile contre Charleroi.

“C’était une grosse équipe – avec Van Meir, Malbasa, Brogno, Zetterberg… et avec Robert Waseige comme coach. On avait souffert. Bodart avait dû enchaîner les gros arrêts. Et puis Vos avait mis un pointu dans le petit filet carolo. On était parti.”

Vous aviez inscrit le 2e but.

“Je m’en souviens parfaitement. J’étais monté, sur corner. La défense de Charleroi avait mal dégagé le ballon et Van Rooy avait frappé de l’entrée du rectangle. Le gardien carolo avait mal repoussé l’envoi. J’étais devant lui, dos au but. J’avais pivoté et marqué du droit. C’était 2-0, cela avait libéré l’équipe.”

Vous précisez “du droit”.

“Vous allez rire, mais la plupart des buts importants que j’ai marqués, c’était du droit. Comme avec Monaco, au Parc des Princes avec Lama dans le but du PSG. On avait gagné 0-3. Ou à Auxerre, après un match de Ligue des Champions. On devait absolument gagner et j’avais marqué du droit.”

Quelle image gardez-vous des secondes qui ont suivi le but ?

“Celle de Régis (Genaux) qui court et qui m’arrache presque la tête tellement il est heureux.” (sourire)

Vous aviez conscience de ce qui se passait ?

“Non. J’avais 18 ans. Les anciens, eux, ils se rendaient compte. Hellers, Bodart… Ils ressentaient la pression. Ils savaient que c’était une occasion à ne pas rater, que le club attendait un trophée depuis 10 ans. C’étaient des clubmen. À l’époque, cela existait encore.”

Le coach, Arie Haan, avait misé sur l’expérience.

“Oui. Mika (Goossens) était titulaire habituellement, pas pour la finale. Moi, j’avais joué médian gauche car il avait mis Rednic au back.”

Quel souvenir gardez-vous d’Arie Haan ?

“C’est lui qui m’a lancé. On avait une super relation. J’ai un tas d’anecdotes. Après un match de gala contre le Bayern, il nous avait interdit de sortir. Mais, avec Mika et Régis, on était allé dans un bar dans le Carré. On avait dit au sorteur de nous prévenir s’il voyait quelqu’un du Standard arriver. Il l’a fait, on s’est caché au fond du bar. Mais c’était Arie Haan avec les gens du Bayern. On n’allait pas rester là des heures… On est sorti, un à un, discrètement. Quand il nous a vus, on a dit qu’on buvait un Perrier. Il nous a dit : ‘Comment ça ? Allez, champagne !’ On a cru qu’il rigolait mais on a vraiment bu le champagne. La saison d’après, quand il a été viré, j’ai pleuré…”

Dans vos coéquipiers de l’époque, qui vous impressionnait le plus ?

“Van Rooy. Pour son pied gauche, son toucher de balle… Il s’en sortait toujours. C’était un vrai numéro 10 : qu’il y ait 10 cm de boue, du verglas ou qu’il fasse beau, il jouait toujours en multi. Mais il avait, dans son dos, Hellers et Pister, qui, eux, jouaient toujours avec des 18 mm.” (sourire)

Soulever la Coupe sur la pelouse d’Anderlecht, cela avait une saveur particulière ?

“Gagner sur le terrain de l’ennemi juré, cela fait plaisir. D’autant qu’on n’avait pas su battre Anderlecht. Après, on avait fait la fête à Sclessin, où des milliers de supporters avaient suivi le match sur écran géant, puis dans le Carré. Énorme !”

Vous serez au stade Roi Baudouin ce samedi ?

“Oui. Je commente la finale pour la RTBF. Même si c’est Westerlo, cela n’est pas gagné d’avance. Mais le Standard ne doit pas douter.”



© La Dernière Heure 2011