L'Union sera donc son ultime club en tant que joueur professionnel. Un comble pour ce Liégeois pure souche. Cette nouvelle est loin d'être une surprise tant il était de plus en plus discret sur les terrains. Depuis deux ans, il était effectivement plus habitué au banc de touche ou celui de l'infirmerie qu'à la pelouse du Parc Duden. Pour autant, il sera difficile d'oublier "Poco". Et pour au moins cinq raisons. Voici les moments forts de la carrière du désormais ex-arrière gauche de 33 ans.

Son premier but avec Genk

"J'étais au septième ciel." Tels étaient les mots du môme de 18 ans le 28 janvier 2006. Ce soir-là Pocognoli vient d'inscrire son premier but chez les professionnels. Et ce, seulement 30 petites secondes après avoir remplacé un certain Tom Soetaers. Le passeur est également un élément désormais bien connu du football belge. "Je remercie Defour pour son assist. Je ne pouvais rêver meilleure entrée en matière. Je n'étais pas irrité d'être sur le banc car Soetaers est une valeur sûre chez nous."

Il ne le sait pas encore mais le natif de Seraing a inscrit là son seul et unique but avec les Limbourgeois. Pour autant, le gamin ne s'affole pas. Quelques mois plus tard, il choisissait la DH afin de s'exprimer pour la première fois dans les médias. "Ma maman devait souvent me freiner car pour elle les études ont toujours été prioritaires. J'ai par ailleurs, depuis juin dernier, empoché mon diplôme d'études secondaires. C'est un fameux atout car ma carrière n'a pas encore démarré avec ce but face aux Campinois. Je dois encore apprendre, franchir des paliers, rester en alerte pour atteindre le statut de joueur professionnel." Rapidement, on comprend alors que le gamin n'est pas que doué balle au pied. Il a aussi du plomb dans la tête.

Son titre à l'AZ Alkmaar

Pile cinquante matchs après ses débuts en D1, Sébastien Pocognoli quitte la Belgique. Direction les Pays-Bas et l'AZ Alkmaar pour 2,75 millions d'euros. Lors de sa première saison, il devient rapidement un membre indiscutable du onze. Si cette année est décevante collectivement avec une douzième place, la seconde détonne. Et étonne.

Avec un jeu chatoyant, l'équipe de l'exigeant Louis Van Gaal obtient le titre de champion en Eredivisie. Mieux, elle laisse la concurrence sur place avec onze points d'avance sur Twente, douze sur l'Ajax et 15 sur le PSV. Quatre Belges forment la colonne vertébrale du groupe: Maarten Martens, Gill Swerts, Mousa Dembélé et Sébastien Pocognoli donc.

Pour Van Gaal, ces éléments peuvent être ambitieux pour leur carrière. "Selon moi, tous les joueurs du noyau peuvent jouer plus haut, juste en dessous du niveau de clubs comme Barcelone." Finalement seul Mousa Dembélé aura tutoyé les sommets avec Tottenham. De son côté, Pocognoli reste encore six mois aux Pays-Bas avant de vouloir changer d'air. Ou plutôt de retrouver son chez lui: le Standard de Liège.

Son retour au Standard

Le 27 janvier 2010, c'est le retour de l'enfant prodige. Lui, le Liégeois pure souche parti chez les Schtroumpfs du KRC Genk à seulement 15 ans. Pour ce faire, Pierre François casse sa tirelire: 2,5 millions d'euros. Un record à l'époque.

Certains voient cela comme un pas en arrière de revenir dans la faible Jupiler League à seulement 22 ans. Lui voit les choses différemment: "Lorsque le Standard s’est manifesté, je n’ai pas hésité. Je suis très heureux. Je reviens dans ma région, près de ma famille, dans un club ambitieux dont je suis toujours resté supporter. Le public est fantastique. Je le connais bien pour m’y être mêlé étant plus jeune. Si tu te donnes à fond, si tu ne mens pas au niveau des efforts et de l’envie, tu es directement accepté.”

Et rapidement, l'arrière gauche met le pied à l'étrier. Forcément, il est adopté par un public acquis à ce type de profil. Tacleur, accrocheur, agressif et possédant une mentalité exemplaire... tout est fait pour coller. Mais rien ne va sur le terrain. Le Standard se coltine les PO2 et est en pleine reconstruction lors de cette première saison.

Le déclic se fait l'année suivante. Après un championnat classique poussif, les joueurs se qualifient de justesse pour les PO1. La suite tout le monde la connait. Malgré ses sept points de retard sur Genk, ils reviennent comme une météorite sur les Limbourgeois grâce à un exceptionnel 25 sur 27. Les deux équipes s'affrontent alors pour une finale irrespirable.

Avec un match nul, le Standard ne parvient pas à passer devant. Mais l'essentiel est ailleurs: les Rouches et le joueur ont redoré le blason du club. Pour Poco, il s'agissait de sa meilleure chance de gagner un titre de champion avec son club de coeur. Heureusement, lors de cette saison complètement folle, il se console avec la Coupe de Belgique...

Ses victoires en Coupe de Belgique

Grâce à ses deux titres (2011, 2018), Sébastien Pocognoli est parvenu à décrocher des trophées avec le club de sa région. Dans nos colonnes, le joueur s'est exprimé ce jeudi à propos de ses deux souvenirs indélébiles.

En 2011, Poco est une pièce maîtresse de l'équipe du regretté Dominique D'Onofrio. Malheureusement, il rate la finale à cause d'une blessure: "Cette saison-là, j’ai quasiment joué toute la campagne. Vient ce match pour le titre et je ne peux pas jouer deux rencontres en quatre jours car j’avais un problème aux ligaments suite à un choc avec Lukaku. J’opte alors pour le match à Genk et, pour le même prix, je soulève le trophée de champion dans le Limbourg. C’est comme ça. Mais ces Coupes, j’estime les avoir remportées au même titre que les autres. C’est un sport d’équipe…"

Effectivement, lors de la seconde, celle de 2018, il n'est plus un pion incontournable. Le joueur est en bout de course à Sclessin mais participe à la fête en disputant une petite minute face à... Genk. Tout un symbole. "Je n’étais pas aigri de ne pas jouer cette finale car, il faut le dire, Collins Fai était très très bon et il reste d’ailleurs le meilleur back gauche que j’ai eu comme concurrent dans toute ma carrière. Il y avait une logique sportive à respecter. Mon concurrent enchaînait les bons matchs et, pour ma part, je commençais à avoir des soucis avec ma hanche. J’étais capitaine, j’ai joué beaucoup, OK, mais à ce moment-là la logique est respectée. Quant à ma montée au jeu tardive, je l’ai prise comme une marque de respect. C’est 1-0, Luyindama est limite sous commotion et Sa Pinto me fait rentrer. Il n’était pas obligé de le faire." Classe comme Pocognoli.

Ses JO de 2008

Son histoire avec les Diables est un acte manqué. Pourtant, il faisait partie intégrante de la génération dorée. Son plus beau souvenir avec la liquette nationale, il le passe... lors de l'Euro Espoir en 2007. Abe Lenstra Stadion d’Heerenveen, le 16 juin 2007. Un lieu et une date qui resteront à jamais gravés dans l’histoire de Pocognoli. Mené 2-1 par les Pays-Bas, C’était le moment choisi par Poco pour sortir de sa boîte et propulser les Diablotins en demi-finales de l’Euro mais aussi et surtout aux JO de Pékin en 2008. Un souvenir mémorable comme il nous le confiait en 2019: "C’est un beau souvenir. Ce but, c’était une rampe de lancement pour moi mais aussi pour tout le groupe. Cela restera un des buts les plus importants de ma carrière."

Lors des JO l'année suivante, il incarne avec les Kompany, Dembélé ou autre Mirallas le renouveau des Diables. Fort d'un tournoi brillant, la Belgique accède aux demi-finales mais perd sèchement face au Nigéria (4-1). Malgré tout, le Liégeois participe à la victoire contre l'Italie en quart de finale qui a fait saliver tout le pays entier. Et redonner foi à une nation qui n'en avait plus après l'épopée Vandereycken.

Certes, Poco avait tout pour devenir l'arrière gauche des Diables sur la durée. Mais des éléments comme Jan Vertonghen ou Thomas Vermaelen lui sont passés devant. Il a tout de même participé aux qualifications pour la Coupe du Monde 2014. Le premier gros tournoi après plus de douze ans d'attente du peuple belge. Mais son compteur en sélection restera bloqué à 13 sélections. Et sa dernière apparition avec le blason des Diables date d'un soir d'octobre 2014. Face à Andorre, il participe à la fête lors de la victoire 6-0 en montant pour 34 minutes. La fin d'une aventure qui aurait pu (dû) être différente.