Mbaye Leye est apparu abattu quand il s’est présenté à l’interview accordée à Eleven Sports. Le discours a laissé l’impression d’être double. "Ce club a besoin de quelqu’un qui fait peur. Les joueurs ont besoin de quelqu’un qui fait peur, j’en ai marre d’être le méchant, de gueuler, je suis là pour entraîner."

Invité à préciser sa pensée, l’entraîneur a assuré qu’il estimait toujours être la bonne personne pour poursuivre la mission. Plus tard, pendant la conférence de presse, il disait encore : "A la mi-temps, j’ai dit aux joueurs ceci : que ce soit avec moi ou un autre, s’il n’est pas aveugle, il fera les mêmes choix que moi."

Poussé à prolonger sa réflexion, il soufflait : "Quand on voit que les joueurs ont besoin des supporters pour se remobiliser… C’est mauvais pour le foot, c’est mauvais pour l’image du club, mais les supporters ont modifié l’approche des joueurs. On n’était plus dans la discussion tactique. C’est malheureux d’en arriver là, mais si les supporters n’étaient pas montés sur la pelouse, on aurait peut-être pris 6-1. Il a fallu qu’ils viennent pour voir une réaction."

Les supporters ne pourront pas toujours venir à la mi-temps, et c’est même un grave incident qui s’est produit.

Mbaye Leye, manifestement touché, ajoutait encore : "On est arrivé à un moment… Si on suit le cheminement, il faut écrire qui sont les responsables. Ce club a besoin d’une autre dynamique, d’aller chercher autre chose. Ce club doit devenir plus fort que les joueurs, son vestiaire. Un nouveau joueur, quand il débarque, il doit savoir où il met les pieds, comment ça marche. Depuis dix ans, on voit des choses ancrées dans ce club, qu’il faut changer."

Relancé au sujet de sa propre place, Leye répondait : "Vous me demandez si les joueurs sont toujours derrière moi, mais quand il y avait Michel (Preud’homme) ou Montanier, il y avait les mêmes problèmes. Porter le maillot du Standard c’est une responsabilité qu’il faut pouvoir assumer."

À travers le discours de Mbaye Leye, il faut comprendre que la responsabilité est à chercher ailleurs que seulement dans son propre chef. Quand il parle d’une dynamique installée depuis dix ans, il semble viser les joueurs, installés dans un trop grand confort. Mais ce trop grand confort est offert par la direction. L’entraîneur vise-t-il également ses dirigeants ? Ce sont eux, finalement, qui mettent les conditions en place.

Juste avant, il avait dit à propos de l’entame de match : "On voit des joueurs qui doutent, qui ont peur, qui ne sont pas présents dans les duels. On a été attentiste, on n’osait pas attaquer." Leye a fini, lui, par attaquer, lassé de devoir jouer, comme il dit, le gendarme.