Philippe Montanier est rentré chez lui, samedi soir, avec quelques cheveux blancs supplémentaires après ce partage arraché dans les derniers instants via un but de son gardien, Arnaud Bodart.

"En 36 ans, je n’ai jamais connu cela," précise le coach français qui avouait ne pas avoir demandé à Arnaud Bodart de monter en fin de match. "On travaille cela tous les jours… Non, c’est une blague. Évidemment que ce n’était pas préparé. Les joueurs ont leur propre ressenti et il a eu le feeling qu’il fallait monter. Je n’y étais pour rien et tout le mérite lui revient."

Dans l’ensemble, Philippe Montanier mettait en exergue le caractère affiché par ses joueurs.

"À dix contre 11, les joueurs auraient pu lâcher mais ils ont montré du cœur et n’ont rien lâché. C’est inespéré d’arracher ce point dans les derniers instants."

Le coach ne pouvait évidemment pas occulter le point noir de cette soirée, l’exclusion prématurée de Shamir. "On en reparlera avec lui. Il s’est excusé à la pause et on lui a dit qu’on ferait tout pour prendre des points. Mais quand on est averti, on doit redoubler de maîtrise."

De son côté, Beñat San José, lui, était partagé entre fierté et déception.

"Quand tu sens la victoire te glisser entre les doigts dans les dernières secondes, c’est un sentiment de déception immense", reconnaissait l’Espagnol. "On savait qu’on allait rencontrer une équipe capable de faire mal à son adversaire à n’importe quel moment si on lui laisse des espaces. Je trouve qu’on a réalisé une belle première période on les mettant sous pression. On prend malheureusement ce but sur phase arrêtée, ce qui n’est malheureusement pas nouveau pour nous mais je dois dire que la réaction de mes joueurs a été parfaite. On a encore eu des occasions de tuer le match. À l’arrivée, c’est frustrant de ne pas repartir avec la victoire mais on peut tout de même être fier de ce qu’on a montré surtout quand on se souvient du match de la saison dernière dans ce même stade (défaite 3-0)."

Philippe Montanier était, lui, également conscient que le jusqu’au-boutisme des siens ne va pas toujours les sauver. "La cohésion de groupe et le mental sont de réelles forces mais on ne peut pas s’en contenter, on doit proposer un meilleur contenu."