Pour l'ex-gardien, humilié par Arsenal en 1993, le Standard actuel peut rivaliser avec les Gunners

TRABZON Quand un footballeur pro déclare qu'il veut écrire l'histoire de son club, il fait souvent référence à la possibilité de conquérir un titre (après 25 ans d'attente par exemple) ou de réaliser un exploit en Coupe d'Europe (passer l'hiver après 27 ans d'attente, par exemple).

Mais il arrive que des joueurs marquent l'histoire de leur club de façon nettement moins flatteuse...

C'est le cas des Standardmen qui se sont inclinés 0-7 contre Arsenal, le 3 novembre 1993, en huitième de finale retour de la Coupe des Vainqueurs de Coupes. Ce revers constitue la plus lourde défaite à domicile du club liégeois sur la scène européenne.

Jacky Munaron était dans le but rouche ce soir-là.

"J'imagine que vous m'appelez pour parler d'Arsenal..." dit-il en décrochant son téléphone. "0-7 à la maison, c'est un uppercut ! Après, tu te sens tout petit, tu t'en veux. Tu sais que tu n'as pas été à la hauteur, que tu as livré une prestation indigne. Tu ne cherches pas d'excuse car tu n'en as pas..."

Avec quasiment l'équipe vice-championne de Belgique et victorieuse en Coupe de Belgique, le Standard avait concédé dix buts sans en marquer sur la double confrontation.

"On avait joué défensivement au match aller pour limiter la casse. Malgré le 3-0 subi à Highbury, on y croyait encore : on se disait qu'en marquant rapidement, on pouvait les faire douter... Mais c'est tout le contraire qui s'est produit. Rien ne tournait et, eux, tout leur réussissait. Chacune de leurs actions était dangereuse ou se terminait par un but. Et les Anglais ne se contentent pas d'un 0-2... S'ils peuvent t'humilier, ils n'hésitent pas."

C'était 0-4 à la mi-temps : "On était remonté sur le terrain avec l'envie de réagir, mais après deux minutes, on encaissait un autre but. Après le match, on entendait voler les mouches dans le vestiaire. On est resté assis sans rien dire... Mais que voulez-vous ? cela arrive dans le foot. C'est fait de hauts et de bas."

On l'a encore vu avec... les Diables Rouges. Cela pourrait-il encore arriver aux Rouches ?

"Le Standard a prouvé qu'il pouvait rivaliser avec Liverpool, Everton, Séville, la Sampdoria, etc. Avec la même motivation et le même niveau, les joueurs savent qu'ils peuvent rivaliser avec ceux d'Arsenal. Mais il faut le montrer sur le terrain le Jour J."



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