Benjamin Nicaise reste attaché à Liège, où il a passé deux années riches en émotions : “J’y ai gardé plein d’amis”

En cette semaine pré-Standard, plusieurs Montois ont attiré l’attention sur leur personne : Aloys Nong, Arnor Angeli, mais également Benjamin Nicaise.

Désireux de se concentrer sur son match, le capitaine montois a préféré ne pas multiplier les interviews. Pour la DH , il a néanmoins accepté de se confier sur un club qui l’a forcément marqué. Un club qui ne ressemble plus vraiment à celui qu’il a connu.

“Ce n’est plus le même Standard”, confie-t-il d’entrée. D’abord réticent à l’idée de parler du club liégeois sous peine de susciter des réactions négatives, le médian de 32 ans se prête finalement au jeu tout en rappelant qu’il ne connaît plus la maison rouche de l’intérieur : “Tout a changé. Le seul avec qui j’ai joué, c’est Goreux. Le petit Moris (sic) aussi, même s’il ne nous rejoignait que de temps à autre. Les résultats moyens que signe le Standard cette saison étaient prévisibles. La nouvelle direction ne tient les rênes que depuis deux ans. Par contre, un paramètre fait que le Standard restera toujours mythique : ses supporters. C’est le propre de tous les clubs à forte personnalité. À Liège, être supporter du Standard est pratiquement héréditaire.”

Le titre et la razzia du Standard qui ont accompagné le passage de Nicaise à Sclessin semblent loin. Le Français mesure-t-il dès lors mieux la chance qu’il a eue de faire partie de ce cycle ? Il répond par l’affirmative.

“En partant, je savais déjà que j’aurais quelques années de plus lorsque le prochain sacre tombera. C’était mon ressenti de l’époque, alors que Lucien D’Onofrio était toujours en poste. Et malgré des bruits faisant état d’une volonté de la veuve Dreyfus de récupérer ses billes, rien ne présageait un changement de direction. Aujourd’hui, le club repart pratiquement de zéro.”

Notre homme est donc d’autant plus heureux d’avoir connu l’ère D’Onofrio, même s’il ne faisait pas partie des chouchous du staff emmené par Bölöni. Cela lui a permis de goûter à l’Europe : “Je me souviens, à mon arrivée en Belgique, que vos clubs n’étaient plus nulle part sur la scène européenne. Même en Europa League, passer les préliminaires relevait de l’exploit. Pendant deux années, le Standard a réussi des choses incroyables comme passer à deux doigts d’éliminer Liverpool, puis en éliminant Everton et en terminant premier de sa poule. Quelque part, nous avons tiré l’ensemble vers le haut et rendu espoir aux clubs belges. Ce fut la fin du fatalisme ambiant.”



© La Dernière Heure 2012