À un jour de ses retrouvailles avec le Standard, Aloys Nong revient sur son départ

Demain, Aloys Nong retrouvera le Standard pour la première fois neuf mois après l’avoir quitté. L’attaquant montois nous a reçus chez lui, à Bruxelles, pour évoquer son départ, son transfert à Mons et ses ambitions.

Ce match aura-t-il un goût de revanche pour vous ?

“Pas envers le club. Le Standard est un grand et un beau club. Certaines personnes au sein du club n’ont juste pas été honnêtes avec moi.”

Le Standard, avec le recul, était-ce un bon choix ?

“Je reste persuadé, malgré tout ce qui s’est passé, que le Standard était un bon choix. J’y ai tout de même remporté une Coupe de Belgique.”

Après votre départ, vous en avez voulu à José Riga.

“Avec le recul, je ne lui en veux plus. Ce n’était pas lui le responsable. Les décisions, elles venaient d’en haut, pas de lui.”

C’est-à-dire ?

“Il m’a déjà dit : ‘j’ai envie de t’aligner, mais je dois faire jouer d’autres joueurs car on doit faire des choix commerciaux’. Dès qu’il est arrivé, il m’a dit qu’il comptait sur moi. Au fur et à mesure que le temps passait, j’ai vite compris que ce n’était pas lui qui tenait la baraque.”

Pas surpris donc par sa démission ?

“Non. Il a compris qu’il pouvait perdre en crédibilité au Standard.”

Si ce n’était pas Riga, qui prenait les décisions ?

“Jean-François de Sart. C’est lui qui décidait de tout. C’est à lui que je dois ma mise à l’écart.”

La nouvelle direction voulait-elle vendre les joueurs de Lucien D’Onofrio ?

“Ils ont voulu marquer une rupture. Les joueurs qui sont arrivés grâce à Lucien, comme Berrier, Leye et moi, ont été sacrifiés.”

Ironie du sort, le Standard a clôturé les PO1 quasiment sans attaquant.

“Cela démontrait l’incompétence du directeur sportif, qui pensait pouvoir évoluer sur trois fronts avec seulement trois attaquants.”

Pour certains observateurs, vous n’aviez pas le niveau pour le Standard.

“J’ai prouvé pendant les playoffs que je l’avais. Mes meilleures prestations, c’était face aux six meilleures équipes de Belgique. Je pense avoir contribué au succès du club pendant ces playoffs. J’avais le niveau, mais je n’ai pas eu, comme certains, la chance de pouvoir m’exprimer.”

Il y a quelques mois, vous avez déclaré que pour réussir, il faut être hypocrite.

“Je le pense toujours. Quand tu dis ce que tu penses, on va dire que tu es un fouteur de merde. Si tu dis amen à tout, tu n’auras pas de problème.”



© La Dernière Heure 2012