Olivier Renard fait le point sur la situation du Standard avant le match au Panathinaikos.

Il était huit heures du matin, soit 90 minutes avant le décollage en direction d’Athènes, lorsque Olivier Renard a accepté de faire le point sur la situation actuelle du Standard. Le directeur sportif a rappelé que l’ensemble de la direction soutenait l’action d’Aleksandar Jankovic, malgré des résultats en dents de scie ces trois dernières semaines.

Olivier, comment avez-vous cette première période catastrophique à Ostende ?

"Nous avons pris l’eau à la Côte… c’est le cas de le dire (il sourit) . Même si nous ne sommes pas parvenus à prendre les points nécessaires lors de nos voyages à Gand et Ostende, les deux meilleures équipes du championnat à domicile, je retiens que nous avons développé du beau football par périodes. Il y a dix jours, nous battions largement Waasland-Beveren (5-0) devant nos supporters. Là, beaucoup ont dit que nos adversaires étaient trop faibles mais si nous avions gagné par un but d’écart, nous aurions été critiqués. Peut-être fallait-il simplement gagner 2-0 pour qu’on dise que le Standard avait disputé un bon match… alors que cette même équipe a battu, une semaine plus tard, Anderlecht en jouant à dix contre onze pendant nonante minutes."

Il manque, tout de même, quelques points pour être totalement satisfait.

"Si on se contente de la réalité, oui, nous n’avons pas pris suffisamment de points ces derniers temps. Nous devons réagir mais, je le répète, nous avons également développé un football agréable par moments."

Commencez-vous à craindre une nouvelle absence dans le Top 6 ?

"C’est beaucoup trop tôt pour parler de cela. Prenez le classement général : enchaîner deux ou trois victoires nous permettrait d’immédiatement bien nous replacer. Il y a dix jours, tout le monde s’accordait à dire que le Standard avait sa place dans ce fameux Top 6 , voire plus. Et deux semaines plus tard, tout serait catastrophique. Au niveau comptable, nous ne sommes pas là où nous voulions être mais en termes de manière et d’ambiance entre les joueurs et le staff, nous sommes assurément sur la bonne voie."

Il n’y a donc aucun doute sur l’action de votre entraîneur ?

"Je ne fais pas de bilan tous les deux matches. Pour le moment, nous avons vu de bonnes et de moins bonnes choses. L’ensemble du staff, qui va de l’entraîneur jusqu’au kiné , était bien conscient qu’il allait devoir vivre avec de la pression en nous rejoignant. Personnellement, je cautionne tout ce que notre coach fait depuis son arrivée. Nous sommes contents de la façon dont le Standard évolue à l’heure actuelle, il y a une vraie philosophie de jeu. Nous avons souvent perdu des points sur des erreurs individuelles, ce qui est souvent le cas lorsqu’on encaisse un but. Il faut essayer de gommer tout cela et c’est au staff sportif de trouver les meilleures solutions."

Tout comme il faudrait travailler les débuts de match, trop souvent gâchés.

"C’est quelque chose qu’il faut travailler, effectivement. Mais, vous savez, je trouve que le championnat est un petit peu bizarre en ce moment. Bruges, Anderlecht, Genk et nous rencontrons des difficultés. Le rythme des rencontres, qui est le même pour tout le monde, n’est pas idéal. Il faut essayer de bien négocier ces moments plus difficiles, même s’il est toujours plus agréable de jouer un match que de s’entraîner."

Le secret serait de retrouver un petit peu de régularité.

"Dans la qualité du jeu, le pressing et l’envie, je trouve que nous avons souvent fait les mêmes styles de match. Désormais, nous encaissons beaucoup de buts alors que précédemment, notre assise défensive était l’une de nos forces. Il faut essayer de retrouver cette imperméabilité, tout en étant plus concret devant le but."


"Pas une balade du dimanche matin"

Le directeur sportif n’aborde pas cette rencontre comme une finale.

Ce soir, les Liégeois sont pratiquement dans l’obligation de s’imposer pour rêver d’un avenir en Europa League. "Si on jette un œil sur le classement général, on voit que rien ne sera joué au terme de cette quatrième rencontre", dit le directeur sportif.

L’histoire plaide plutôt en faveur des Liégeois, qui se sont déjà imposés à deux reprises sur la pelouse du Panathinaikos.

"Je ne prête pas attention à ces statistiques. Ce sera une rencontre délicate, d’autant que notre dernière confrontation à Sclessin s’est terminée avec pas mal de tensions entre les joueurs. Ce déplacement ne sera pas une balade du dimanche matin mais nous sommes au courant de l’accueil que nous allons recevoir."

La pression sera d’autant plus grande que l’entraîneur adverse avait déclaré, dès le coup de sifflet final, que son club "méritait plus de respect au vu de son histoire".

Soit une belle manière de mettre l’arbitre sous pression. "C’est un coach italien et j’ai évolué six ans dans la Botte . Je connais sa façon de procéder. J’ai même joué durant quatre ans avec l’adjoint (Roberto Muzzi) à l’Udinese. Mais il y a aussi certaines personnes qui utilisent la même stratégie en Belgique. Nous devons juste nous concentrer sur notre prestation."


"Il y a trop de joueurs… même si on se qualifie"

Dans deux mois, le mercato hivernal ouvrira ses portes. Le Standard en profitera pour élaguer un noyau pléthorique. "Même en cas de qualification européenne, il y a trop de joueurs. Certains départs étaient prévus lors du dernier été sans que cela puisse se concrétiser. Nous avons donc pris le risque de vivre durant quatre ou cinq mois avec un plus large effectif que d’habitude, ce qui a permis d’augmenter la concurrence", dit-il.

Même s’il n’a pas souhaité révéler l’identité des joueurs qui recevront un bon de sortie, il est acquis que des éléments comme Dino Arslanagic, Mohamed Yattara ne seront pas retenus. Farès Bahlouli, qui ne joue pratiquement plus avec la réserve, pourrait également rentrer à Monaco plus vite que prévu. "Celui qui n’a pas encore reçu de temps de jeu aura plus de chances de partir que celui qui joue régulièrement, c’est la même chose dans tous les clubs. Il est trop tôt pour dire qui partira mais nous aurons besoin de tout le monde jusqu’à l’ouverture de ce marché hivernal."