Pour la deuxième semaine consécutive, Benito Raman a été à deux doigts de déclarer forfait à quelques minutes du coup d’envoi. "J’ai ressenti une douleur à la hanche mais j’étais capable de tenir soixante, voire septante-cinq minutes" , disait-il. Un laps de temps déjà conséquent pour lui qui s’est régulièrement retrouvé seul en front de bandière, avec un boulot ingrat face aux deux défenseurs centraux carolorégiens. "J’avais déjà occupé cette position chez les jeunes et lors de quelques rencontres avec La Gantoise. C’est déjà moins difficile lorsque les médians me soutiennent bien. C’est vrai que c’est un rôle différent, où il faut beaucoup courir, mais j’ai tout donné sur la pelouse et je continuerai à le faire la semaine prochaine, quel que soit le poste que j’occuperai."

Malgré ce positionnement, il s’est créé deux occasions, sans parvenir à les concrétiser. "Sur la première, je pense que je suis hors-jeu, c’est pour ça que je contrôle la balle. Et sur la seconde, je glisse au mauvais moment", grimace-t-il.

Un discours posé et résolument optimiste pour le transfuge estival, qui ne désespère pas d’un réveil du Standard. "J’ai lu que nous avions loupé notre début de saison avec ce quatre sur neuf et cette septième place au classement général. Mais nous avons à peine débuté le championnat, il nous fait un petit peu de temps pour que les nouveaux s’adaptent. La semaine prochaine, c’est un match difficile qui nous attend mais si nous parvenons à prendre les trois points lors de ce voyage à Bruges, je pense que notre saison sera définitivement lancée. Oui, je reste toujours optimiste."

Avec son style, Benito Raman devrait rapidement conquérir le cœur des supporters. "C’est vrai que ce n’est pas un club normal… mais je ne suis pas quelqu’un de normal", rigole-t-il. "Il y a de la pression, mais c’est également le cas dans les autres clubs. Nous, joueurs, devons uniquement nous concentrer sur ce qui se passe sur le terrain. La question de l’entraîneur, ça ne me regarde pas, moi je sais que nous appliquons ses consignes et je pense que nous avons vu une vraie équipe sur le terrain."

Reste à voir si cela suffira à la direction…

Enoh: "On ne peut pas fuir"

Au cœur d’un entrejeu renforcé, Eyong Enoh a ratissé large vendredi soir. Mais cela n’a malheureusement pas été suffisant pour prendre trois points.

Eyong, comment vous êtes-vous senti dans ce système ?

"Les semaines précédentes, on avait du mal à faire circuler le ballon. On avait pour consigne de garder davantage le cuir dans nos rangs."

Mais cela a eu un impact sur la qualité offensive.

"Si on joue à notre meilleur niveau, on a le potentiel pour se créer des opportunités grâce à la percussion du milieu de terrain. C’était la première fois qu’on évoluait dans ce dispositif et cela va s’améliorer. Dans ce système, on perd peu de ballons et on peut avoir le contrôle du match. Il faut juste qu’on se crée plus de possibilités. Pour cela, on doit juste se projeter plus vite vers l’avant dès qu’on récupère. C’était difficile pour Bénito mais on sera déjà plus dangereux la semaine prochaine."

Comprenez-vous les sifflets en fin de match ?

"Quand tu joues au Standard, tu sais que les fans sont exigeants. Ils en demandent plus. On doit prendre ça positivement. Ils étaient déjà là pour nous soutenir durant le match. Il faut juste travailler pour leur rendre la pareille."

Le coach était sous pression, cette prestation était-elle suffisante ?

"On a tout fait pour gagner mais ce n’était pas suffisant. Moi je suis derrière le club et donc derrière le coach. Il était sous pression ? L’entraîneur du Standard est toujours sous pression, comme les joueurs. On ne peut pas fuir, il faut juste travailler."

Il reste moins de deux semaines de mercato, quelles sont vos attentes ?

"Je n’ai pas à m’épancher sur ça. Je suis là pour jouer."

Un peu d’expérience ne serait pas de trop ?

"Ca ferait beaucoup de bien mais ce n’est pas à moi de décider."

Certains ne semblent plus avoir la tête à 100 % au club.

"Je ne suis pas dans la tête des autres. Même si tu as la tête ailleurs, tu dois faire ton boulot et te donner à 100 %. On verra à la fin du mercato si certains avaient vraiment la tête ailleurs."