L'asbl "Nous voulons acheter le Standard" a présenté jeudi lors d'une conférence de presse son projet "socios". L'objectif de ses fondateurs est de développer l'idée sous la forme d'une société coopérative à finalité sociale avec pour but ultime l'entrée au conseil d'administration du Standard "pour y garantir l'identité et la culture collective que représente le Standard au sein du bassin liégeois et plus largement en Belgique", avancent ses fondateurs.

La "Famille des Rouches" est pleinement associée au projet Standard Socios, initié par Pierre Eyben et Alain De Clerck. Elle souhaite qu'un maximum de souscripteurs adhère à cette initiative et rappelle, concernant la revente du club, qu'elle n'est pas "en position pour vouloir tel ou tel repreneur", a insisté Didier Stevens en marge de la présentation du projet socios.

Le porte-parole de la "Famille des Rouches" estime cependant que l'association qui représente les différents clubs de supporters du Standard se doit d'être attentive à toutes les étapes qui conduiront à la reprise du club.

"Nous ne sommes pas dupes. Après la prise de dividendes de 20 millions d'euros, la revalorisation des contrats d'Ezekiel ou de Vainqueur, l'arrivée possible de De Camarago, le risque de puiser dans les réserves est grand et des problèmes de trésorerie pourraient survenir dans les mois à venir. Cela fera partie de la négociation. C'est en tout cas notre souhait."

La reprise du club n'a pas été remise en question mercredi soir lors de l'entrevue entre la "Famille des Rouches" et Roland Duchâtelet. "Le président nous a confirmé sa volonté de partir et nous lui avons réaffirmé que son crédit était épuisé. Nous souhaitons cependant que les choses se passent dans la sérénité et nous prendrons le temps qu'il faudra."

Une évaluation de la valeur du Standard de Liège est actuellement réalisée par Ernst &Young qui avait déjà entrepris les mêmes démarches en 2011. Les résultats sont attendus d'ici une dizaine de jours même si le délai semble court aux yeux de la "Famille des Rouches". Cette valeur réelle du club permettra aux éventuels investisseurs de se faire connaître "mais il va falloir compter avec les supporters. Nous voulons retrouver un Standard ambitieux et aux valeurs aujourd'hui disparues. Le business doit passer au second plan", conclut Didier Stevens.

Reginald Goreux: "les problèmes existaient déjà à mon époque et la situation n'a pas vraiment changé"

Première surprise, de taille, avec le présence de l'ancien joueur du Standard, et formé au club, Reginal Goreux! L'ex Rouche, actif en Russie depuis le mois de janvier, est en fait le parrain du projet Socios!

Il a marqué le coup ce jeudi en souscrivant des parts et réclame clairement le départ de Roland Duchâtelet. "Il est temps qu'il parte afin que tout le monde retrouve du plaisir", a-t-il d'ailleurs déclaré en marge de la conférence de presse.

Reginald Goreux, qui suit encore l'actualité du Standard, ne reconnaît plus son club. Présent durant 18 mois sous l'ère Duchâtelet, l'ancien capitaine des Rouches dit comprendre la détresse des supporters et de ses anciens équipiers. "Les problèmes existaient déjà à mon époque et la situation n'a pas vraiment changé. Il est temps que M. Duchâtelet parte. Etre un grand homme d'affaires ne veut pas nécessairement dire être un grand dirigeant de club. Le football est un monde à part en terme de gestion et il ne l'a pas compris."

Réginald Goreux en appelle même "à l'investissement de tous" car la vitalité du club pèse "sur la ville et son dynamisme. On doit recentrer le débat sur l'aspect sportif avec un véritable projet même s'il ne sera pas facile de trouver un deuxième Lucien D'Onofrio sauf si celui-ci revient aux affaires."

Contacté par les responsables du projet socios il y a une semaine, l'ancien joueur de Sclessin a directement accepté de devenir le parrain du projet. "Je le soutiens vivement et je vais en parler à d'anciens équipiers. Je pense que Sébastien Pocognoli sera partie prenante. J'en toucherai aussi un mot à Steven Defour et à d'autres", a-t-il conclu avant de rejoindre le camp d'entraînement de Samara en Autriche.

Les responsables du projet ajoutent que d'autres grandes figures du Standard ont déjà été contactées.

Le projet "Standard socios" sous forme de coopérative est sur les rails

L'asbl "Nous voulons acheter le Standard" a présenté jeudi lors d'une conférence de presse son projet "socios". L'objectif de ses fondateurs est de développer l'idée sous la forme d'une société coopérative à finalité sociale avec pour but ultime l'entrée au conseil d'administration du Standard "pour y garantir l'identité et la culture collective que représente le Standard au sein du bassin liégeois et plus largement en Belgique", avancent ses fondateurs.

Ce projet de coopérative passera par une première phase consistant en la formation d'une asbl. Ses futurs membres devront verser une cotisation de 10 euros qui servira à créer la société coopérative. Ils devront aussi signaler le nombre de parts, dont la valeur nominale a été fixée à 200 euros, qu'ils souhaitent prendre dans la future coopérative.

Cette dernière sera créée d'ici quatre à six semaines, chaque souscripteur versant alors l'argent des parts achetées. "Nous saurons ainsi peser lors des négociations de rachat du club en nous asseyant à la table avec un vrai potentiel financier", ajoutent les fondateurs du projet socios qui espèrent être écoutés.
L'objectif des 22 membres fondateurs est clairement de faire partie du conseil d'administration. "On veut devenir incontournable afin d'être les garants du patrimoine immatériel qu'est le Standard de Liège."

Ce projet socios est calqué sur le modèle allemand puisque dans 16 des 18 clubs de Bundesliga, les supporters sont représentés au CA. Au Bayern, ils possèdent 51 % des parts. "Quoi qu'il arrive, nous irons au bout de cette initiative", soulignent les responsables de Standard Socios.

En 2011 déjà, avant l'arrivée de Roland Duchâtelet à la tête du club, les supporters avaient manifesté leur intention d'entrer dans le capital du club. Ils avaient rassemblé, en une semaine, des promesses pour 3,25 millions d'euros de la part des 5.500 souscripteurs.