Le président du Standard, interviewé par le journal L'Echo, a expliqué le sentiment dans lequel il se trouvait au moment de prendre une décision qu'il dit inéluctable. 

"Je ne veux pas avoir sur la conscience de possibles incidents graves dans un stade. C'est devenu dangereux. Je suis sous surveillance policière depuis le début. Je pensais que ça se calmerait un moment... mais les violences ont augmenté. Ce n'est plus possible, je quitte".

Roland Duchâtelet dit dans l'article avoir pris conscience d'être au centre d'une fronde populaire. "Ce ne sont pas quelques centaines de fans du Standard qui m'expriment leur haine, mais des milliers". 

A-t-il lui-même commis des erreurs ?  "Oui", répond-il sans détour ! "J'ai commis une erreur de communication. J'aurais dû attendre plusieurs jours avant d'annoncer la non-reconduction de l'entraîneur Mircea Rednic, très apprécié par le public. Après la victoire 7-0 face à Gand et la qualification pour l'Europe, ce n'était pas une bonne chose".

Pour l'homme d'affaires, les supporters du Standard vivent une passion dévorante pour leur club. "A considérer qu'ils soient catholiques et qu'on leur demande de choisir entre l'église et le foot, je pense que le verdict serait pénible pour l'église", glisse-t-il en forme de parabole. 

Duchâtelet s'insurge contre ceux (les médias) "qui écrivent des choses fausses à mon égard". Les 20 millions retirés? "C'est n'importe quoi. D'autres dirigeants ont aussi prélevé des dividendes. Personne ne s'en est jamais soucié... Ce qui compte, c'est la solidité financière de l'actionnaire. Contrairement à ce qu'on a écrit, je ne suis pas venu au Standard pour faire de l'argent ou de l'immobilier." Il charge les médias: "On désinforme, on manipule les supporters " ! 

Un président en sursis qui n'aura pas l'occasion de mettre en branle son plan pour le club. "Moi", détaille-t-il, "je voulais stabiliser le club à un haut niveau, puis seulement investir dans le stade en en faisant si possible un lieu où on peut assister à un concert, se divertir."