Ricardo Sa Pinto avait bien du mal à comprendre cette fin de match folle.

Sans surprise, les cartes rouges de Collins Fai et d’Orlando Sa ont fait parler dès le coup de sifflet final. Les joueurs ont discuté quelques minutes avec l’arbitre au niveau de la ligne médiane pour tenter de comprendre les cinq dernières minutes complètement folles de ce duel. Ricardo Sa Pinto n’a pas cherché à rajouter de l’huile sur le feu - c’est à signaler car sa nervosité laissait imaginer un autre comportement - en demandant à ses hommes de regagner le vestiaire, après avoir échangé quelques mots avec l’assistant. Pourtant, le technicien portugais avait bien du mal à saisir le sens des décisions de l’homme en noir et il ne s’en est pas caché devant les caméras.

"Je ne comprends pas. On utilise la vidéo pour juger une faute d’Orlando Sa mais on ne l’utilise pas pour se faire un avis correct sur la phase qui amène la rouge de mon défenseur. C’est d’autant plus regrettable que Collins touche la balle et qu’il n’y a donc pas besoin de l’avertir une seconde fois" , disait-il. "Le Standard mérite plus de respect car nous sommes un grand club. L’arbitre était contre nous. Je n’ai pas parlé avec Monsieur Boucaut depuis la fin de la rencontre et je n’ai pas besoin de le faire aujourd’hui. Mais mon vestiaire était cassé et maintenant, je vais devoir lui remonter le moral avant la venue de Zulte Waregem, vendredi soir. Cela, c’est mon boulot."

Dans l’ensemble, Ricardo Sa Pinto semblait satisfait par la prestation de ses hommes, même si le bilan final était loin de répondre à ses attentes, bien évidemment. "Je pense pouvoir dire que nous méritions les trois points. Oui, nous n’avons eu qu’une frappe cadrée au cours de ce match mais si nous avions davantage concrétisé nos opportunités, nous aurions gagné. Nous avons été plus dangereux que notre adversaire" , analysait-il. "La première période était équilibrée avec beaucoup de duels. Il n’y avait pas énormément d’espaces mais nous nous sommes quand même créé des occasions. Les joueurs ont fait ce qu’ils pouvaient mais quand on ne met pas la balle au fond des filets…"

Car si les Liégeois avaient planté un but, personne n’aurait certainement autant parlé des décisions arbitrales.. "Je suis triste et fâché" , terminait-il.

"Il y aura encore beaucoup de débats"

Comme l’ensemble de ses équipiers, Paul-José Mpoku protestait suite à l’exclusion de Collins Fai. "Déjà, si on utilise la vidéo sur la phase qui amène l’exclusion d’Orlando, pourquoi ne pas le faire sur la deuxième jaune adressée à Collins Fai ? Je vois bien qu’il joue le ballon et qu’il ne touche pas l’adversaire. Pour ce qui concerne Orlando, je ne peux me prononcer car je n’ai rien vu. Avec les nouvelles technologies, il y aura beaucoup de débats."

Le médian offensif ne savait pas réellement quoi penser de l’arbitrage vidéo. "C’est vraiment bizarre. Prenons aussi le match de Bruges à Zulte Waregem. Il y a une phase litigieuse qui doit amener un penalty pour Zulte et on décide de ne pas visionner la vidéo. C’est vraiment spécial."

Pocognoli : "Si on marque, on ne parle pas des rouges "

"Je n’ai pas vu le geste d’Orlando Sa et je ne peux donc pas le commenter. Par contre, j’étais à vingt mètres de Collins Fai lorsqu’il est exclu et je peux vous assurer qu’il touche le ballon. L’arbitre a fait son match et nous, le nôtre. Certaines de ses décisions n’étaient peut-être pas en notre faveur mais si nous avions marqué plus tôt dans le match, nous n’en aurions même pas parlé."

"On avait tout pour gagner"

Au-delà de l’arbitrage, les  Standardmen  regrettaient leur manque de réalisme.

Si les Liégeois se sentent lésés sur les deux phases qui amènent les exclusions de Collins Fai et Orlando Sa, ils n’en sont pas moins conscients qu’ils auraient dû tuer le match bien avant ces deux événements malheureux.  "J’ai un sentiment un peu mitigé car on avait tout pour gagner" , lance Paul-José Mpoku.

Le Verviétois avouait que les siens avaient oublié de concrétiser leurs occasions.  "On a vu un Standard en progression ? On a été bon en première période et on a eu énormément d’occasions après la pause mais on a oublié de les concrétiser. Il ne manquait que le réalisme car on a eu les occasions franches."

Le nouveau meneur de jeu du Standard refusait de retomber dans la psychose.  "Il ne faut pas tout jeter et se dire que tout va mal. Non, on progresse, on a une bonne base et on doit s’en servir. Ce match doit être considéré comme un accident, rien de plus. Focalisons-nous sur Zulte et, avec l’appui de nos supporters, allons chercher ces trois points que nous aurions dû ramener de Saint-Trond."

Le capitaine , Sébastien Pocognoli, tenait plus ou moins les mêmes propos.  "Au vu de nos occasions, nous aurions dû l’emporter. On n’a rien laissé à STVV à part une ou deux occasions. On a été quand même solides. On n’est pas attentiste. Vendredi, il faudra tout donner. Le mot d’ordre, comme c’était le cas à Saint-Trond, sera la victoire."