Le parquet, par la voix de Barbara Huylebroeck, a demandé quatre matchs à huis clos, sans s’opposer à un sursis d’un ou deux match(s). La procureure, qui a peu goûté d’avoir reçu les conclusions de Me Ernes, l’avocat du Standard, deux heures avant l’audience, est revenue sur les incidents déjà observés au Standard cette saison. "C’est un réquisitoire très sévère, mais on ne peut pas dire que le Standard n’était pas au courant. Le club a pris des sanctions vis-à-vis de ses supporters (fermeture des blocs de tribunes réservés aux Ultras et au PHK, interdiction de vente de tickets), c’est bien, mais il faut des sanctions fortes."

Pour le Standard, Me Gregory Ernes a d’abord émis quelques réserves au sujet du comité disciplinaire, qui appartient à la fédération, devenant d’une certaine manière juge et partie. Il s’appuie sur les articles 11.1 et 11.2 qui disent que le club doit respecter ses obligations – ce que le Standard estime avoir fait, au maximum de ce qu’il peut – mais que si les mesures ne sont pas suffisantes, la fédération doit participer elle-même à l’activation de ces obligations. "En clair, la fédération doit se substituer au club", a commenté Me Ernes.

L’avocat, sans déresponsabiliser le club pour autant, rappelle que dans un jugement précédent, il était fait mention de ceci, au sujet déjà d’incidents dans les tribunes : "La réponse doit être apportée de manière concertée par les acteurs (club et fédération), de sorte qu’un responsable, seul, ne règle leurs problèmes."

En clair : "La sanction telle que proposée (les matchs à huis clos) ne fonctionne pas", a précisé Me Ernes. "Le Standard a déjà été condamné à des matchs à huis clos, mais les problèmes restent. Le huis clos donne raison à une poignée de fauteurs de trouble (les Ultras et le PHK représentent 1000 personnes), et vous risquez, avec une telle sanction, de radicaliser d’autres supporters. On doit se soutenir et adopter des solutions raisonnables."

Cela passe par l’identification des supporters en question, "afin de mieux cibler les responsables". Anne Cools, la directrice des ressources humaines du Standard, a quant à elle pris la parole, pour demander la clémence. "Si vous sanctionnez le club d’un match à huis clos, vous sanctionnerez, en plus des supporters, des employés du club, qui ne pourront travailler et devront être mis au chômage."

Le Standard, dans un premier temps, avait fait savoir qu’il accepterait les décisions du comité disciplinaire. Il semble que la donne a changé…

L'affaire est placée en délibéré, la décision sera prise dans la semaine.