Ancien président des Ultras et présent au club depuis bientôt sept ans, Maxime Filot est à l’initiative du réseau des clubs partenaires qui est en place depuis 5 saisons. Ces trois dernières années, il a restructuré le secteur scouting et recrutement chez les jeunes.

Maxime, pouvez-vous retracer votre parcours au club ?

"Comme tout le monde le sait, j’ai un passé de plus de 20 ans au sein des Ultras dont une petite dizaine d’années comme Président dans les années 2000, période lors de laquelle j’ai créé avec trois autres amis l’ASBL La Cosa SL en 2002 qui est devenue l’organe officiel du groupe. Je suis arrivé au club en directeur de l’ADN du Standard, un poste qui était voué à évoluer. Il y a quatre ans, nous avons entamé la restructuration du centre de formation. Il y a bien entendu eu la création du réseau de clubs partenaires pour lequel nous étions les précurseurs en Belgique. Depuis, d’autres clubs ont emboîté le pas."

Quel était le but de ce réseau ?

"Il y a deux stratégies : un ancrage liégeois avec plusieurs clubs de la province et une présence dans les autres provinces. Le but était aussi d’avoir un club exclusif par région, comme Jette à Bruxelles qui compte plus de 600 jeunes. On a récemment fait un detect day au CSE Manage dans le Hainaut avec 125 jeunes inscrits. Ce réseau est un projet conventionné sur l’axe joueurs et supporters du Standard de demain. En quatre ans, on a invité pas moins de 22.000 supporters."

Le but est de repérer les meilleurs talents et de mettre une option dessus.

"C’est un scouting inversé. Nos clubs partenaires nous font remonter les noms de leurs meilleurs joueurs une fois par an ainsi que ceux qui sont approchés par des clubs de D1A et D1B. Pour ces joueurs-là, on n’attend pas notre Parterner Day du mois de novembre (plus ou moins 200 jeunes y participent)."

Des detect days sont également organisés dans les installations des clubs partenaires.

"Chez les clubs reconnus comme phares. On en réalise six par an. Cette saison, on en a déjà fait trois (Jette, Braine et Manage) et on recommencera avec Jodoigne, Ciney et Givry. Au niveau élite, nous avons un scouting digitalisé et plus individuel. On couvre toute la Belgique même si les clubs plus proches comme Genk, Saint-Trond, OHL, Seraing ou Eupen sont plus prioritaires. Pour les catégories U7 à U11, on ne va pas, par exemple, aller débaucher un jeune à Zulte et le déraciner."

"On couvre tout le territoire"

Cela vous permet d’avoir une vue sur tout le territoire ?

"Depuis trois ans, on couvre une large partie du territoire, toute la Wallonie et Bruxelles. A l’ACFF, il y a 46 clubs labellisés trois étoiles et 13 d’entre eux sont nos partenaires, c’est énorme. A Liège, on compte sept clubs labellisés trois étoiles. Les joueurs de ces clubs là ont souvent l’opportunité de se faire remarquer comme par exemple à l’occasion de notre tournoi des clubs partenaires dont nous avons fêté le troisième anniversaire la saison dernière."

Au niveau national, il y a également eu du changement au niveau du scouting ?

"Tout a été restructuré. On a gardé les bons scouts qui ont tout de même été performants dans une structure qui était quasi inexistante. On se devait, tout d’abord, d’être présent au niveau des 24 clubs élites. Je donne un exemple, auparavant, un jeune évoluant dans une équipe dite plus modeste se faisait remarquer mais on n’était pas dessus, aujourd’hui, c’est le cas. On utilise toutes nos ressources ce qui n’était pas le cas avant. Notre force, c’est de pouvoir proposer un projet fort aux jeunes et à leurs parents axé sur le foot mais avant tout sur les études. Ce qui fait que nous avons des jeunes qui viennent des quatre coins du pays dont de nombreux flamands qui, après quelques semaines, parlent déjà tous français."

"Aujourd’hui, un scout voit 40 à 50 matchs par saison"

Le travail de vos scouts est aujourd’hui plus centralisé ?

"Ils parcourent moins de kilomètres. Comme je l’ai dit, avant, c’était déstructuré. On avait peut-être trop de scouts mais qui voyaient peu de match. Désormais, c’est l’inverse. Au niveau élite, un scout du Standard voit 40 à 50 matchs par an. Les catégories U12 à U15 sont primordiales car après, on arrive à donner des contrats au joueurs. Nous avons d’ailleurs une trentaine de jeune, dès les U16, sous contrat. Pour en revenir au travail de nos recruteurs, on a décidé de leur attribuer des zones géographiques en fonction d’où ils proviennent. Cela peut paraître élémentaire mais avant, un scout liégeois pouvait tout aussi bien aller à Seraing le samedi puis à Ostende le dimanche. Maintenant, il y a une liste de clubs prioritaires et secondaires. On a également engagé de jeunes scouts et on s’est séparé de ceux qui n’étaient pas exclusivement consacrés au Standard. Ce qui fait qu’on a une équipe assez complémentaire avec des jeunes et des profils plus expérimentés. Un point important, c’est qu’ils sont tous des supporters acharnés du club et qui ont un très bon œil."

Le but est de cibler rapidement les manquements ?

"On identifie les besoins le plus tôt possible dans la saison. En septembre, on sait déjà ce qu’on cherche par catégorie. Les top joueurs, on doit être dessus immédiatement. Fin octobre, les premiers contacts avec les familles sont déjà établis et la clôture des dossiers s’effectue pour janvier, début février. On veut sans cesse améliorer nos équipes. Par exemple, la génération 2005 est très prometteuse. On a alors décidé de recruter neuf titulaires potentiels sur deux ans pour la générations 2006 car ils étaient amenés à évoluer ensemble. Cela prouve qu’avec notre structure, on a une force de frappe qui nous permet d’être très rapidement sur les top joueurs."

"Notre offre scolaire est unique avec six écoles partenaires."

La base de données est donc conséquente ?

"Elle était faible avant la restructuration et aujourd’hui, elle explose. On compte pas moins de 16.000 jeunes. On l’enrichit en permanence. On est satisfait car depuis deux ans et demi, sur tous les joueurs que nous courtisions, 85 % ont opté pour notre projet et 35 % des joueurs recrutés ont reçu le statut de top talent. Malgré les difficultés rencontrées en équipe première, l’aura du Standard est inimaginable. On reste puissant. Notre offre scolaire est unique avec six écoles partenaires. On dispose d’infrastructures au top sur 22 hectares dans un écrin de verdure. Au niveau de la préparation physique, on impressionne tout le monde. Comme l’ont dit Réginal Goreux et Pierre Locht, le Standard forme avant tout des athlètes."

Le projet du Standard séduit donc de plus en plus.

"On récolte à peine le fruit de notre travail. Un bon élément, on peut le voir jusqu’à six ou huit fois. Les parents sont souvent impressionnés. La chaîne de validation en interne est également importante. Nos premiers scouts, ce sont d’abord nos formateurs à qui nous demandons également de rentrer des rapports. On a donc un recrutement très qualitatif et ciblé. Dans le jeu à 11, sur les deux derniers mercatos, on a recruté 26 joueurs avec un pourcentage de réussite assez important. J’ajouterais que 25 % d’entre eux ont déjà été mis sous contrat."