En octobre 2001, le but de Moreira a offert aux Liégeois un succès qu’ils attendaient depuis 1986 à Sclessin…

Le samedi 27 octobre 2001 restera pour longtemps gravé dans la mémoire des supporters du Standard. Ce jour-là leur bonheur fut proportionnel à leur immense attente.

Depuis le 16 février 1986, soit plus de 15 ans, les Rouches n’avaient plus pris la mesure de leur ennemi héréditaire en terre liégeoise. En une soirée et grâce à un magnifique envoi du Portugais Moreira sur lequel Filip De Wilde resta de marbre, trois lustres de frustration, de moqueries bruxelloises volèrent en éclats.

Sorti dans le temps additionnel sous l’ovation des supporters liégeois, le héros du jour, Almani Moreira ne prit la décision de jouer ce Clasico que quelques heures avant son coup d’envoi. De retour d’une double fracture aux orteils, le Portugais a mordu sur sa chique pour défier le Sporting.

"J’étais conscient de l’importance de cette rencontre auprès de nos supporters", expliqua le Lusitanien. "Tout le monde comptait sur ma présence. J’ai donc fait abstraction de mes douleurs pour pouvoir être aligné d’emblée. J’ai pris la décision de jouer le matin du match. Le staff médical avait attaché mes deux orteils à l’aide d’un tape . J’ai souffert en début de match, mais la douleur s’est rapidement atténuée. J’ai juste ressenti une vive douleur au moment de mon envoi dans le but de De Wilde. Mais ma joie était tellement grande que je ne ressentais plus rien par la suite."

Ce succès face à un Anderlecht qui traversait une période difficile et qui ne terminera que troisième (le Standard cinquième) du classement final de ce championnat 2001-2002 fit surtout le bonheur des vrais liégeois du noyau rouche.

"J’ai versé une larme à la fin du match"

"J’étais dans les tribunes de Sclessin avec mon papa lorsque Freddy Luyckx avait offert la dernière victoire (1-0) du Standard sur Anderlecht", relatait l’attaquant liégeois Michaël Goossens. "Je me souviens que le terrain était gelé et que sur l’envoi victorieux de Luyckx, le ballon avait heurté les deux poteaux du but avant de finir sa course dans les filets. À l’instar de tous les Liégeois, je peux donc mesurer l’ampleur de l’exploit que nous avons forgé. Je pense que nous venons d’écrire une nouvelle page de l’histoire du Standard. J’ai même versé une larme à l’issue de la rencontre."


Le flop

Ancien de la maison rouche, Ivica Mornar a été très mal accueilli par ses anciens fans. Une banderole teintée de haine flotta en haut de la T3 de Sclessin. Le message ?"Ivica Mornar, à Sclessin, nous jugeons les traîtres comme dans ton pays". Si pour de nombreux observateurs la référence aux conflits ethniques dans les Balkans était flagrante, les auteurs de la banderole se défendront avec une autre lecture de leur acte : "Les Ultras Inferno n’ont jamais eu l’intention de tenir un message fasciste. En Croatie, personne n’aurait admis le passage d’un joueur du Hajduk Split au Dynamo et vice-versa. Cette banderole s’inscrivait dans ce contexte. Elle ne concernait ni la situation politique du pays, ni l’attitude de ses dirigeants."


Le top

Souvent truculent dans ses déclarations et propriétaire d’un grand franc-parler, le manager général anderlechtois de l’époque, Michel Verschueren, se montra bon perdant au soir de la défaite à Sclessin qu’il analysa avec humour… "On peut bien être une fois battu tous les quinze ans à Sclessin." Avant d’évoquer son équipe qui traversait un début de championnat difficile : "J’ai vu un bon Anderlecht. Nous nous tenons à notre ligne de conduite : pas d’énervement, pas de précipitation et pas de transfert en cours de saison."