Franky Vercauteren veut encore croquer la cerise sur le gâteau genkois déjà savouré

Cette fois, Franky Vercauteren n’a pas couru le moindre risque.

Au coup de sifflet final d’un nouveau match victorieux en déplacement disputé avec réalisme, efficacité et adaptation tactique avisée aux événements, il a invité ses joueurs du Racing Genk à ne pas s’attarder auprès de leurs supporters pour éviter toute interprétation abusive ou erronée d’éventuelles manifestations d’allégresse, comme cela avait été le cas après le succès contre Anderlecht.

Les leaders confirmés du Championnat ont donc exulté dans l’intimité de leur vestiaire.

Ils avaient bien le droit de se libérer : ils venaient de confirmer – avec une autorité certaine et, par moments, un panache rassurant – leur participation aux tours qualificatifs de la prochaine Ligue des Champions.

Se sont-ils fait peur, samedi soir à Gentbrugge ?

“Nous avons fait ce qu’on attendait de nous” , assure un Franky Vercauteren enjoué et épanoui. “Certes, avec des hauts et des bas dans la qualité de notre prestation mais surtout en témoignant d’une réaction mentale qui m’a plu.”

Même si le Club Bruges l’avait bousculé d’emblée davantage que ne l’a fait La Gantoise, le Racing Genk a entamé sa rencontre à Gentbrugge dans les mêmes dispositions qu’au stade Jan Breydel : avec l’intention de réagir aux initiatives locales plutôt que de s’emparer d’entrée de jeu des rênes du match.

L’option consistait, en fait, à tempérer simplement quelque peu la gestion habituelle de son match.

“On avait décidé de subir en perte de balle puis de profiter de la récupération pour assener avec vivacité nos contres, confirme l’entraîneur. Cela n’a pas fonctionné comme nous l’espérions. J’avais déjà noté une amélioration dans le troisième quart. J’ai alors profité du repos pour adapter notre réplique. Nous avons évolué différemment et assumé des initiatives positives qui nous ont permis de nous détacher au tableau d’affichage. Un bête but aurait pu nous porter préjudice : on s’est fait malmener jusqu’à ce que La Gantoise égalise. Puis, nous avons porté le coup de grâce…”

Une fois encore, le Racing s’est montré – trop – longtemps vulnérable sur les flancs. À droite, Vanden Borre n’a pas convaincu. Il était chargé de faire la ligne . Les mauvaises langues expliquent qu’il n’a assumé la part défensive de sa mission qu’une seule fois : quand il a commis la faute fatale mais évitable sur Mboyo.

À gauche, Mavinga a été trop longtemps abandonné à son sort. Nombre d’attaques gantoises se sont construites de la même manière, sans entraîner une réadaptation tactique immédiate du Racing. Souvent esseulé, Baric n’a pas su exploiter pleinement la latitude dont il a joui.

Il s’en est mordu les doigts : les réglages opérés pendant la pause avaient rendu toute sa consistance à la formation limbourgeoise.

Celle-ci a pu, une fois encore, compter sur l’état de forme de ses éléments clé. Courtois a sauvé son équipe à cinq reprises au moins en trente minutes et une action d’éclat de De Bruyne – qui venait de s’échauffer en produisant deux débordements prometteurs – l’a lancée sur la voie d’un sucès que personne ne contestera.

Ce Racing-là n’est pas à bout de souffle. Il conserve même d’intéressantes ressources physiques et mentales. “J’ai vu, aussi, l’une ou l’autre imperfection dans le chef de Courtois et de De Bruyne” , souriait Franky Vercauteren, qui déteste de trop individualiser les mérites de ses joueurs. “C’est la balance qui compte. Celle-ci est positive.”

Samedi soir et dimanche matin, les Genkois ont bu du petit-lait, toujours sans exubérance excessive.

“Nous disputerons les qualifications pour la Ligue des champions. C’était… inespéré à l’aube de cette campagne”, se réjouit Franky Vercauteren. “La saison est donc déjà fantastique. Elle est, d’ores et déjà, réussie. Quand on voit ce qu’on a réalisé, on a le droit d’être fiers de nous. Mardi, nous allons vivre la plus belle finale de ce championnat. La vraie, celle qui opposera les deux meilleures formations de la saison. Rien n’est jamais parfait. Notre dernier objectif est de nous rapprocher de cet idéal lors de l’apothéose. Je peux déjà vous assurer que la finale sera grandiose !”



© La Dernière Heure 2011