Vercauteren est resté égal à lui-même mais il a serré deux fois la main de Jacobs

GENK Il n’a pas esquissé des bonds de cabri devant son banc, les bras levés en signe d’extrême allégresse. Ce n’est pas son mode d’expression.

Au coup de sifflet final libérateur, il s’est simplement délivré de l’immense frustration latente qui, en l’enserrant dans une chape de plomb depuis trop longtemps, bridait son bonheur d’emmener vers les sommets un club de province qui, depuis le début de la saison, faisait la nique aux grands.

Le Racing a enfin battu le Sporting. Alors, les dents serrées, Franky Vercauteren s’est lâché. Il a rivé dans un regard implacable, de fer et de feu, le banc anderlechtois et a dardé son lazer sur Ariël jacobs, qu’il a salué d’un poing serré qu ressemblait fort à un bras d’honneur poli. L’entraîneur du Sporting s’est retourné, sans un mot, mâchoires serrées, et a regagné son vestiaire.

Il est arrivé le premier à la conférence de presse en esquissant un petit sourire contrit.

Franky Vercauteren l’a rejoint peu après. En s’asseyant, l’entraîneur de Genk, sans un mot, a tendu la main à son collègue, sans le défier du regard. Ariël Jacobs n’a pas refusé la main tendue… par obligation. Il l’a serrée à son tour, furtivement, avant de délivrer ses impressions :

“Nous avons imposé une pression en début de rencontre, sans parvenir à concrétiser nos occasions. Mais nous étions présents dans le camp adverse. J’avoue que le brillant but de Vossen nous a infligé un coup de massue. Le message, à la mi-temps, était clair : essayer de mettre la pression sur un adversaire qui pouvait être en proie au stress. Le penalty a décuplé notre énergie. Hélas, la qualité de la dernière passe nous a fait défaut.”

Franky Vercauteren fut plus bref : “On n’a pas toujours livré notre meilleur football mais je félicite l’équipe pour l’esprit affiché. Non, nous ne sommes pas encore champions ! Il reste beaucoup de boulot. Bien sûr que nous sommes ambitieux mais nous restons les pieds sur terre.”

Une dernière poignée de mains, aussi froide que la première, et ils s’en sont allés chacun de leur côté.



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