Pour la DH, Bertrand Crasson s’est livré à une interview décalée de Franky Vercauteren. Accrochez vos ceintures !

BRUXELLES Entre eux, transpire une complicité très... mauve. Il n’empêche quand Crasson tient Vercauteren à la culotte, il ne le lâche pas facilement !

Salut Franky. Au fait, pour vendredi, tu as prévenu Pudil qu’il allait souffrir avec Legear dans ses parages ?

“Déjà, il faudrait être sûr que Pudil va jouer !”

Bien répondu ! Alors venons-en directement à toi. Gagner à Anderlecht, ce serait, pour toi, une magnifique revanche ?

“Je vais te décevoir, mais ma réponse est non. Cela paraît sans doute difficile à croire pour les gens, or c’est la vérité. En prime, on va encore devoir jouer au moins deux fois contre Anderlecht cette saison. Pourquoi ce match de vendredi soir, dans cette optique, constituerait-il davantage une revanche que ceux qui vont suivre ?”

Soit. Mais au match aller, tu ne nieras pas qu’il y avait pas mal d’électricité dans l’air. Moi, par exemple, je ne t’avais jamais connu aussi tendu ?

“Peut-être était-ce une impression fausse.”

Peut-être. Mais reconnais que quand on évoque Anderlecht, il y a des choses dont tu ne parles pas. Ou, plutôt, dont tu ne veux plus parler ?

“Exact. Je préfère effectivement ne plus en parler.”

Donc tu as mis ces choses dans un tiroir et tu l’as ensuite fermé à clef ?

“En quelque sorte, oui. Le tiroir, en effet, est bien fermé.”

Et tu as jeté la clef ?

“Pourquoi tu me demandes cela ? Pour savoir si, un jour, je pouvais décider de rouvrir ce tiroir ? Oui, c’est possible qu’un jour, cela se produise ainsi !”

Tu n’exclus donc pas l’idée de revenir travailler un jour à Anderlecht ?

“Il ne faut jamais dire jamais. Mais...”

Mais… tu es bien à Genk dans ton rôle actuel. Avec, je l’imagine, moins de pression qu’à Anderlecht ?

“Détrompe-toi. En début de saison, c’est vrai que la barre des ambitions du club n’avait pas été placée tout en haut. Mais en fonction des résultats forgés depuis le début du championnat, ces ambitions ont été revues à la hausse. Donc qu’il n’existe pas de pression à Genk, cela, je ne le dirais pas. Reste qu’il subsiste une différence entre Anderlecht qui doit être champion et Genk qui peut être champion.”

Peut-on revenir à l’épisode Ariël Jacobs ?

“Il est dans le tiroir fermé à clef !”

Tu te souviens que tu n’as pas voulu lui serrer la main à l’issue du match aller ?

“C’est le passé !”

Le passé, le passé, oui, mais cela a quand même dû aller loin entre vous pour que tu en arrives à une telle situation ?

“Oui, car celui qui me connaît bien sait que je n’en arriverais pas à un tel choix sans une raison très valable. Mais c’est le passé, je le répète...”

Tu ne veux donc vraiment pas en parler ?

“Non, c’est fermé et bien fermé !”

Tu ne vas donc pas lui serrer la main vendredi ?

“Tu verras vendredi.”

Tu as des regrets de ce qui s’est passé à l’aller ?

“Je n’ai jamais de regrets. J’assume toujours. Je ne dis pas que je ne referais pas les choses autrement. Mais j’assume néanmoins les choses que j’ai faites. Simplement, à choisir, aujourd’hui, je préférerais qu’on ramène le débat sur le thème du sportif et non plus uniquement sur celui de la polémique.”

Intérieurement, cela te ronge quand tu vois les résultats obtenus par Jacobs et qui sont loin d’être meilleurs que ceux que toi tu avais obtenus avec Anderlecht ?

“Les temps changent. Les gens peuvent donc aussi changer d’avis, viser d’autres objectifs, ne plus avoir les mêmes attentes. Mais c’est le problème de ces gens-là, pas le mien. Même si, vu sous un angle collectif, c’est tout le football belge qui doit regretter qu’Anderlecht ait été absent de la Ligue des Champions et soit éliminé assez tôt de l’Europa League. Moi, en tout cas, je le regrette...”



© La Dernière Heure 2011