Zulte Waregem peut-il encore y croire ?

Statistiquement, une défaite par deux buts à zéro concédée en déplacement ne constitue pas, dans l’absolu, un handicap irrémédiable.

Dans la riche histoire des Coupes d’Europe, quatre clubs belges - le Club Bruges à deux reprises, Waterschei Thor, Anderlecht et le Lierse - sont parvenus à retourner à leur avantage une situation semblable, en apparence bien compromise.

Pour que la performance ait une chance de se concrétiser, plusieurs facteurs doivent évidemment se conjuguer.

L’adversaire ne doit pas connaître un soir d’état de grâce, à l’inverse de l’équipe visitée. Il est préférable aussi qu’il encaisse un but rapide, propre à instiller un léger doute dans l’esprit de ses joueurs.

Mais il faut, surtout, que la formation locale se transcende, qu’elle se soit forgé un moral d’airain, que la conviction qu’elle peut signer un renversement de résultat significatif l’emporte sur toute autre considération. Il faut qu’elle ait une foi chevillée au corps et qu’une même motivation habite chacun de ses joueurs.

Sera-ce le cas de Zulte Waregem ?

On aimerait s’en convaincre.

Mais l’épisode du brassard, mal géré à tous les niveaux du club et manifestement non encore évacué par l’ensemble des protagonistes n’incite pas à un optimisme béat. La qualité intrinsèque - offensive surtout - étalée, mardi dernier, par la très juvénile phalange du PSV, stimulée par un Bakkali en état de grâce, tend également à accréditer l’impression que Zulte Waregem va se trouver confronté à une mission qui outrepasse ses capacités actuelles.

Peu après la divulgation du nom de leur adversaire, les joueurs de Zulte Waregem croyaient, sincèrement, en leur bonne étoile. Leur comportement exemplaire tout au long de la saison étayait leur confiance en eux davantage encore, sans doute, que le rajeunissement massif du dauphin néerlandais de l’Ajax Amsterdam. Ils n’étaient donc pas résignés à se présenter en victimes consentantes au Philips stadion.

Mais l’annonce, l’avant-veille du match, du glissement du brassard de capitaine du bras de De fauw à celui d’Hazard a, en affectant le groupe, cassé cette belle dynamique.

La différence de comportement entre les deux équipes, à Eindhoven, s’explique, assez largement sans doute, par ce brutal et inattendu changement d’état d’esprit.

Qu’en est-il aujourd’hui?

En apparence, tout est réglé. En réalité, les séquelles subsistent encore dans les têtes de chacun: la foi de De fauw dans le club a été lézardée, Leye répète qu’il veut toujours partir, Berrier ne dit rien mais n’en pense pas moins et Skulason a très mal apprécié la préférence accordée au revenant Malanda.

Les joueurs sauront-ils balayer ces entraves psychologiques pour se lancer avec énergie et discernement dans la reconquête de ce qu’ils ont laissé filer? "J’espère retrouver le plaisir", confiait Francky Dury, samedi soir. Puissent ses joueurs réus sir, eux a ussi, cette premièr e prouess e.. .