Le vestiaire de l’Excel Mouscron est en colère après la faillite du club: "Un énorme sentiment de gâchis"

José Jeunechamps et Manu Angiulli étaient dépités mardi. Même s’ils se doutaient de l’issue, cela reste un choc pour eux.

Arnaud Smars
Mouscron (D1B) sans licence pour le foot pro
©BELGA

S'il y a des personnes à qui on ne peut rien reprocher cette saison, ce sont bien le staff et les joueurs qui sur le terrain auront assumé leur rôle en sauvant le club en D1B. Et la déception de voir le club ne peut pas recevoir sa licence pour le football pro est à la hauteur des efforts qui ont été fournis sur la pelouse malgré des conditions atroces.

On ne va pas le cacher, tous s’attendaient à une telle issue. "Mais cela reste quand même un choc, reconnaît le coach", José Jeunechamps. "Si je devais résumer le club, c’est gros potentiel mais si mal géré depuis des années. La faillite ne date pas d’il y a un an. C’est un enchaînement de mauvaise gestion qui fait qu’on en arrive là. Il y a eu des erreurs qui se paient cash. Dans le foot, une dette peut monter vite. Et cela conduit à un refus de licence voire à une faillite. Car je ne vois pas qui serait capable aujourd’hui d’éponger cette dette pour aller en D2 ACFF…"

Présent depuis un an seulement, le Liégeois ne peut cacher sa frustration. "Car il y a tout pour faire quelque chose de bien : les installations, les terrains, les gens proches du sportif… On pouvait faire du bon. Mais j’avais parfois l’impression qu’il y avait deux clubs dans le club. Avec le Futuro d’un côté et l’Excel de l’autre. C’est dû aux investisseurs qui n’ont peut-être jamais fait attention aux jeunes. Cela a créé une fracture. Ce n’est pas cela une bonne gestion. Cela a été mauvais sur tous les plans. Les gens pensaient d’abord à eux avant de penser club. Au fond de moi, j’espère que ce n’est pas la fin du foot à Mouscron. Mais il faudra repartir sur des bases saines avec d’autres personnes."

À l’image du vestiaire, Manu Angiulli était dépité. "Mais aussi en colère. Car on avait réussi à sauver le club et on espérait que la direction fasse tout pour obtenir la licence. On savait depuis longtemps que M.Lopez voulait partir. On ne connaît pas tous les tenants et aboutissants mais cela fait des mois que le club doit être vendu. Est-ce que notre direction a vraiment fait le job à fond ? Il y a sans doute des raisons pour expliquer le tout mais on trouve cela bizarre… Il y a quelques semaines, Teddy Chevalier avait tout dit. On l’a obligé à faire des excuses dans un communiqué qu’il n’a pas voulu signer. Aujourd’hui, quand on voit la fin de l’histoire. On voit qu’il avait 100 fois raison."

Le défenseur central ne connaît que trop bien la situation. Lui qui a déjà connu une faillite à Visé et une absence de licence à Virton. "Mentalement, c’est très dur. Même si on n’était pas payé, on a continué à se battre tous les jours. On a été pressé comme des citrons. Et tout ça pour rien… D’autant qu’on avait un groupe incroyable qui s’était vraiment identifié au club et à ses valeurs. Ce n’était pas arrivé depuis longtemps. Même si je ne suis là que depuis un an, j’ai l’impression que ça en faisait 4. On va devoir maintenant tous trouver un nouveau projet et voir ce que l’on peut faire au niveau administratif. C’est vraiment dur à vivre…"

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