On l’avait quitté en larmes au Jan Breydel Stadion, quelques minutes après l’officialisation de la descente en D1B de l’Excel. Et on doit l’avouer, on ne pensait plus spécialement le revoir. Car après trois saisons au Canonnier, on se disait que Marko Bakic méritait bien, de par son talent et sa mentalité, de retrouver un club de l’élite. Cela aurait pu se faire mais cela a fini par capoter… En fin de mercato, le Monténégrin est resté à quai. Avant d’être appelé par Enzo Scifo pour prendre un nouveau train. "Franchement, cela a été la période la plus dure de ma carrière. Je ne m’y attendais pas et je ne pense pas que je méritais cela. Mais c’est une autre histoire. Maintenant, je suis obligé de dire que je suis heureux de revenir dans le groupe après tout ce qui s’est passé cet été. Mais c’est derrière moi. Derrière nous, même. J’ai pu reprendre avec le groupe lundi. Je me sens bien. Je dois remercier Olivier Croes et Philippe Saint-Jean qui m’ont permis de garder de bonnes conditions pour m’entraîner. Ce n’était pas facile mais ils étaient là pour moi."
 
Ce travail de l’ombre permet au milieu de revenir directement dans le coup. Il pourrait rapidement amener sa grinta mais aussi ses qualités de jeu long à un noyau qui manque parfois de créativité. "J’espère être bon dès ce week-end. Physiquement, je me sens très bien. C’est désormais au coach de faire le choix. Moi, qu’il m’utilise une minute ou un match complet, je donnerai la même chose sur le terrain. Qu’on soit en D1B ne change rien à ma motivation. Elle est identique depuis mon premier match ici et le restera au suivant à chaque fois."

"Une meilleure équipe que l’année passée"

Car, même s’il voulait partir pour répondre à ses ambitions et préserver son statut d’international, le natif de Budva a le sang rouge et blanc qui coule dans ses veines. Pour preuve, même éloigné du groupe pro, il a continué à suivre chaque rencontre. "J’ai déjà parlé avec les joueurs de ce qu’on pouvait changer par rapport à ce que j’ai vu. Après, c’est toujours plus facile devant sa télévision que sur le terrain, sourit le joueur. Mais avec l’équipe que l’on a, on doit faire mieux. Je dis la vérité, je la trouve meilleure que l’année passée. Quand on voit les noms et leur carrière. On a plus de qualités. C’est impossible que l’on reste à une telle place au classement. On doit tous prendre le même chemin et travailler dur pour sortir de l’ornière au plus vite."
 
Présent lors de la descente aux enfers de la saison dernière, celui qui a porté le maillot mouscronnois à 64 reprises sait très bien qu’un début de saison raté peut coûter cher au moment de faire le décompte final. "On connaît le passé de Mouscron. La saison dernière, on n’a jamais su rattraper les points perdus. À partir de maintenant, chaque unité compte. On doit en prendre au plus vite pour remonter au classement. Cela passera par une bonne mentalité. Tout le monde doit travailler plus et sortir de sa zone de confort pour aller chercher des victoires et changer notre place au classement."
 
Cela commence par la réception du leader, Westerlo, toujours invaincu cette saison. Un choc des extrêmes que les Mouscronnois devront gagner pour ne pas voir le trou, tant craint par Bakic, se créer.