En tant que journaliste suiveur d'Anderlecht, cela fait trois ans que nous fréquentons, au quotidien ou presque, Nicolas Frutos. Dès son arrivée, il s'est fait remarquer, outre par ses qualités footballistiques, par son côté social et enjoué. Même en pleine revalidation, il semblait ne jamais vouloir perdre le sourire. Cela rend son désarroi lors de la conférence de presse d'hier encore plus surprenant, déroutant même. Voir un gaillard comme Frutos, du haut de son mètre 94, sur le point de craquer devant une salle pleine de journalistes montre que cette histoire a, hélas, dépassé le cadre du football. Médecins, mensonges, rancœurs : tout est allé trop loin. Est-ce aussi le cas de la presse ? Frutos s'est demandé pourquoi il était médiatisé à ce point. Nous allons lui répondre... Après son arrivée, c'est lui qui offrit le titre à Anderlecht, en 2006. Dans un championnat où les joueurs réellement capables de faire la différence se comptent sur les doigts d'une main, il est normal qu'un buteur de la trempe de Frutos fasse l'objet d'une attention toute particulière. Les supporters ont le droit de savoir comment se porte l'un de leurs favoris... Aujourd'hui, le grand Argentin espère qu'il a fini de manger son pain noir. Mais en fin de compte, la phrase la plus marquante prononcée par Frutos hier fut certainement la dernière, par laquelle il sous-entendait qu'il pourrait prendre sa retraite en fin de saison si les blessures le poursuivaient. Nous espérons sincèrement, pour le bien du football belge, d'Anderlecht et surtout du sien, qu'il ne sera pas forcé d'en arriver là.



© La Dernière Heure 2008