Seul joueur du noyau A de l’Albert à n’avoir jamais foulé une pelouse de D1, Geordan Dupire, n°3 dans la hiérarchie des gardiens montois derrière Olivier Werner et Adrien Saussez, sait qu’il devra, cette saison, patienter dans l’ombre de ses deux équipiers. Seules des blessures et/ou des suspensions de ses deux partenaires pourraient le propulser sur le devant de la scène. Une situation qui ne perturbe pas le Français qui a déjà beaucoup bourlingué.

"J’ai commencé à jouer à Valenciennes avant de rejoindre Lens", relate le keeper qui fêtera ses 20 ans au mois de septembre. "Pendant deux ans (NdlR : entre ses 12 et 14 ans), je me suis entraîné au sein du pôle Espoirs de Liévin. La France compte sept centres de préformation de ce type où les joueurs sélectionnés par régions s’entraînent là en semaine mais jouent le week-end dans leurs clubs. Après ces deux saisons, je suis encore resté deux ans dans le centre de formation de Lens. À 16 ans, le club nordiste ne m’a pas conservé car j’étais trop petit. Je ne mesurais qu’1,63m (NdlR : pour 1,93m maintenant)."

C’est finalement à Lorient (Ligue 1) que Geordan Dupire trouva refuge. "Une première année en CFA puis dans le noyau pro comme n°4 la saison suivante", ajoute celui qui possède comme modèle Grégory Coupet. "Je me suis retrouvé une dizaine de fois sur le banc en championnat."

Et un baptême du feu qui a failli se faire face à Marseille. "Florent Chaigneau, notre titulaire, est resté à terre après un choc avec Brandao", poursuit celui qui s’est fait tatouer les prénoms (Lionel, Caroline, Théophan, Gilian) de ses parents et de ses deux frères sur le flanc gauche de son torse et leurs dates de naissance sur les avants-bras. "Je suis parti à l’échauffement accompagné d’une belle montée d’adrénaline. Finalement, mon équipier s’est relevé et a fini la partie."

La suite de l’histoire sera moins rose pour le dernier rempart hennuyer. "Je pouvais poursuivre mon parcours à Lorient, mais un agent peu scrupuleux m’a fait miroiter certaines choses. Naïvement, je l’ai cru et je me suis retrouvé le bec dans l’eau. Je suis resté trois mois sans club. Je me suis alors entraîné avec mon papa, Lionel, un ancien gardien pro. Il a joué à Valenciennes, à St-Quentin et aux Francs Borains en Belgique." Avant de passer la saison dernière un test au Tondreau : "Je m’attendais à deux ou trois jours d’entraînements pour me juger mais après une heure, Franky Vandendriessche m’annonça que c’était bon…"