Grande nation disparue, la Hongrie, finaliste des Coupes du monde 1938 et 1954, va tenter de se qualifier pour son deuxième Euro de rang contre la force montante, l’Islande. Le vainqueur retrouvera le fameux “groupe de la mort”, avec la France, l’Allemagne et le Portugal, soit les trois derniers vainqueurs de grands tournois, la Mannschaft au Mondial 2014, la Seleçao à l’Euro 2016, les Bleus au Mondial 2018.

L’Islande paraît mieux armée, toujours emmenée par les héros de 2016, tombeurs de l’Angleterre (2-1) à Nice en 8es de finale. Si le sélectionneur a changé, le Suédois Erik Hamrén, qui a succédé au duo Lars Lagerbäck/Heimir Hallgrímsson, a gardé la même ossature de la meilleure équipe d’Islande de l’histoire, également présente à sa première Coupe du monde en 2018.

Même si elle rêve de disputer la phase de groupes de l’Euro chez elle à Budapest (elle y jouera assurément ses trois matches en cas de qualification), la Hongrie, coachée par Marco Rossi, semble moins bien armée. L’Italien entraîne depuis neuf ans en Hongrie, au grand Honved, ou en Slovaquie, au DAC Dunajska-Streda, le club de la communauté hongroise de ce pays voisin des Magyars. Si Rossi possède un solide buteur et capitaine, Adam Szalai (Mayence), le meilleur joueur de l’équipe reste Péter Gulacsi, le gardien du RB Leipzig.

Pour l’histoire

Les trois autres barrages peuvent permettre à des sélections d’entrer, ou de de revenir, dans l’histoire.

Le vainqueur de Géorgie – Macédoine du Nord participera pour la toute première fois à une grande compétition internationale. La Géorgie a l’avantage du terrain, la Macédoine du Nord celui de l’expérience, incarnée par l’inusable Goran Pandev (37 ans, Genoa), vainqueur de la Ligue des champions 2010 avec l’Inter Milan. La Géorgie se repose sur le duo des San Jose Earthquakes, en MLS : le défenseur Guram Kashia et le milieu Valeri Qazaishvili, qui joue en pointe avec la sélection.

Serbie – Écosse possède aussi sa charge historique. L’Écosse est absente de la scène internationale depuis 1998, et la Serbie n’a jamais disputé l’Euro en tant que telle, même si l’équipe yougoslave de l’Euro 2000 n’était plus composée que de la Serbie et du Monténégro et constituée essentiellement de Serbes. L’histoire se poursuivra dans le groupe de l’Euro quel que soit le vainqueur : l’Écosse peut retrouver l’Angleterre, et la Serbie la Croatie, pour un derby bouillant… La République tchèque complète le groupe.

Guidé par son capitaine Andy Robertson, des Reds de Liverpool, l’Écosse espère effacer ses mauvais souvenirs des barrages de l’Euro, contre l’Angleterre pour l’édition 2000 (0-2/1-0), et surtout quatre ans plus tard l’humiliation contre les Pays-Bas (1-0/0-6). Mais la Serbie dispose d’une meilleure équipe, autour de Sergej Milinkovic-Savic (Lazio), auteur du doublé en Norvège pour les demi-finales de barrage (2-1 a.p.).

La charge historique est moins forte pour Irlande du Nord – Slovaquie, mais pour la petite histoire, les équipiers du “punk” Marek Hamsik, déjà tombeurs de l’Eire en demies (0-0, 4 tirs au but à 2), vont essayer de mâcher encore du trèfle irlandais. Les deux équipes jouent pour une seconde participation d’affilée au tournoi, où elles avaient atteint les 8es de finale. Les Nord-Irlandais avaient échoué contre le pays de Galles (1-0), et l’Allemagne avait arrêté les Slovaques (3-0).